
Tu as aimé Benjamin Honnorat et Laurent Henaff (le Pigment à Malmousque) ? Tu raffoleras de Jacqueline, un bistrot en coin, institution des rues Edmond-Rostand et Saint-Jacques entrecroisées. Dans un décor de miroirs et murs bruts, l’inox a été pensé comme une version contemporaine du zinc ancien. Tabourets hauts et tables qui le sont tout autant, enfilades d’assiettes alignées, voilà pour se donner du style une idée. Si le mistral souffle glacial en ce mardi de semaine, à peine la porte poussée, l’accueil, lui, sera chaleureux.
On s’arrime au comptoir avec vue plongeante sur une cuisine réduite à sa plus simple expression : deux plaques, une friteuse et un four. L’attirail nécessaire pour mettre en ardoises des inspirations bien pensées : carpaccio de panais, pomme et sésame, poulet butternut-épinards et jus de volaille d’un côté ; maquereau au chalumeau orange et piment, rigatoni comté-noisettes et shiitaké, de l’autre.


On raffole du caractère assumé de ce poisson surfant sur une vague acidulée et (fortement) pimentée ; on sauce ce jus mêlé mayo-agrumes et piments décoré d’une brunoise verte acide. Et pour l’accompagner ? Un verre blanc du domaine de La Perrière – le Petite Perrière (100% sauvignon). Un ensemble minéral très porté sur les agrumes, l’accord simple, presqu’évident.
Plus consensuel, le plat de pasta croque et fond, gratte la langue et fume en continu comme s’il fallait nous convaincre par les arômes de sous-bois des shiitaké et noisettes cassées. Et pour l’accompagner ? Un mas des Infermières sans sulfites, cuvée Jojo promis « bee friendly » dont la légèreté et le fruit rendront coup pour coup aux saveurs forestières.

Pour les cocktails, il faudra revenir en soirée… Pour l’heure, c’est une jolie assiette composée d’une brunoise (encore) de kiwi-crème montée et sablé breton fracassé qui nous fait de l’œil. Bien que sans génie, la composition est bien pensée, bien amenée et rafraîchissante, comme s’il fallait nous donner des forces pour repartir bosser.
Alors oui, Jacqueline est une dame de bonne réputation, hautement recommandable et fréquentable. On aime le style bistrot de l’adresse et ses incartades dans les usages de l’époque, troquant le cèpe ou le champignon de Paris d’autrefois par le shiitaké, le rouge qui tâche par des vins délicats et élégants. La nappe à carreaux s’en est allée au profit d’un esprit très « matière » qui n’est pas pour déplaire. Très bon rapport qualité-prix presqu’aussi séduisant que les sourires au comptoir.
Jacqueline, 29, rue Saint-Jacques, Marseille 6e arr. ; infos au 06 46 35 65 51. Midi 20 et 24 €
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