Carnet de cave

Vins IGP des Bouches-du-Rhône : “Sauver ce qui est sauvable” dit Jean-Claude Pellegrin

Des stocks qui semblent sommeiller en attendant les acheteurs

“Il y a eu les sanctions douanières de Donald Trump en début d’année, l’arrêt des exportations en Chine et puis le confinement et l’arrêt de l’économie… 2020 devait être l’année du 20 mais ça ne l’a pas été dans le bon sens”… Le porte-parole des vins IGP des Bouches-du-Rhône Jean-Claude Pellegrin est amer. A l’énoncé de quelques exemples, on mesure l’ampleur des défis que les vignerons du département et de la région au sens large, devront relever dans les mois qui arrivent : “Dans les Bouches-du-Rhône, les ventes directes au caveau et le négoce de vin en vrac ont baissé de 60% par rapport aux années précédentes, relate Pellegrin. Je connais même un vigneron qui a perdu 250 000 € en deux mois” ajoute-t-il.

Jean-Claude Pellegrin

Covid-19 ou pas, le calendrier du vigneron ne s’arrête pas et, dans la nuit du 25 mars dernier, pour en rajouter encore, le gel a endommagé 20 % du vignoble des Bouches-du-Rhône : – Certains domaines ont été touchés à 100%” dit Monsieur IGP. Sur les communes de Sénas ou de Noves, 60% de certaines parcelles ont gelé “et partout où les bourgeons latents sont touchés il y aura un impact sur la production”. A l’issue d’un hiver que tous ont jugé trop doux, les ceps se sont réveillés trop tôt et la vigne était trop en avance : – Et les saints de glace, du 12 au 15 mai représentent un danger… C’est l’équinoxe, un changement lunaire important qui joue sur les températures”, prévient Jean-Claude Pellegrin.

“Tout est à l’arrêt”
Pour les vignobles qui ont fait le choix de la mécanisation, la question du confinement se pose avec moins d’acuité que dans d’autres professions : “On applique les gestes barrière et lorsqu’on est seul sur son tracteur, on ne risque pas grand chose”. Si les étapes du déconfinement se déroulent bien, l’embauche de saisonniers pour les vendanges manuelles devraient bien se passer. Pour limiter les dégâts, bon nombre de caves et de coopératives ont mis en place des drive, “mais à ce jour, nous sommes à 60% de pertes sur une année normale, tempère Pellegrin. C’est en ce moment que les cafés, hôtels, restaurants achètent leurs stocks de vins et comme tout est à l’arrêt, les commandes de vins ne sont pas passées”. Un manque de revenus que la profession espère compenser en partie par la reprise des commerces de bouche qui pourrait intervenir dès juin, juillet et août. “L’année est compliquée évidemment pour les coopératives car à cette période d’avril, les commandes ont déjà été passées”. Fataliste, Jean-Claude Pellegrin assure que juin, juillet et août ne rattraperont pas les ventes : – Les gens ne boiront pas ce qu’ils n’ont pas bu en mars-avril”, lâche-t-il.

Les vignerons sont en pleine réflexion “pour sauver ce qui est sauvable” mais l’un d’eux, en train de livrer quelques caisses chez une caviste marseillaise confiait la semaine dernière : “Vin pas vendu, donc pas encaissé donc vigneron pas payé”. Cruel et implacable.

Le GP sur les réseaux

Retrouvez-nous 24/24h en photos !

Abonnez-vous à notre newsletter

Infos express

Avignon, nouvelle offre food à la Mirande La Table Haute de la Mirande devient Mirage, une taverne et cantine en self-service proposant des repas à emporter ou à consommer sur place dans l’ancien garage de la rue Taulignan. L’équipe de la Table Haute préparera les repas dans la cuisine datant du XIXe avec un menu du jour à base de produits frais, locaux et bio. Ce lieu insolite et décalé est décoré des toiles du peintre américain Timothy Hennessy. Entrées : 6 €, plats de 14 à 16 € et desserts 6 € (verre de vin 4 € et café 2 €). Ouvert midi et soir du mardi au samedi de 12h à 14h et de 19h à 22h.

Réouverture de l’office de tourisme et des congrès de la ville de Marseille : des plexiglas ont été installés, du gel hydroalcoolique mis à disposition et les conseillers en séjour porteront des visières. Durant le mois de juin, les horaires d’accueil sont fixés du lundi au dimanche de 10h à 17h . Dès le 1er juillet, deux twizy d’informations touristiques renforceront le dispositif d’accueil pendant deux mois dans les rues de Marseille, 7 points de stationnement (la gare, l’hôtel de ville, le J4, la Canebière, la Pointe rouge) pour renseigner les touristes. Un plan avec des idées de circuits de 2h à pied sera remis aux visiteurs. Le tourisme à Marseille en 2019 a représenté 1 milliard d’euros de retombées économiques, impacte 15 000 emplois directs, 5 millions de touristes ont été accueillis dont 1,8 million de croisiéristes.

Visites gratuites de quatre musées de Marseille jusqu’au 31 août, 4 musées municipaux (la Vieille Charité, le musée d’Histoire, le musée des Beaux-Arts, le château Borély) ouvrent leurs portes gratuitement au public.