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Jonathan Chiri, le cuisinier californien qui anime les halles d’Avignon

Jonathan Chiri

Pourquoi ça marche ?
• Le chef ne propose pas de menu figé, il cuisine avec les produits locaux et de saison les moins chers du jour
• Les tarifs sont compétitifs, à moins de 30 € au déjeuner, ça répond à la demande des clients
• Le chef propose autre chose qu’un simple repas au restaurant, le client vit quelque chose, peut raconter et revivre ses souvenirs
• Le chef s’adapte à la demande du client et non pas l’inverse
Il est californien et porte un nom à consonance italienne. Le soleil brille sur le chemin professionnel de Jonathan Chiri, c’est aussi peut-être pourquoi il a choisi de s’installer à Avignon… Depuis 2017, Jo’ est devenu une figure des halles d’Avignon, animant des séances de cuisine dans son micro restaurant de 24 couverts aussi prisées que les repas qu’il y sert : « C’est le restaurant tel que je l’ai toujours imaginé » avoue-t-il. Lorsqu’il débarque en Europe en 2003, c’est pour y apprendre la cuisine. Jo n’est pas issu du sérail, il n’a pas fait d’école hôtelière mais il est porté par la passion. Il enchaîne les stages de 4 mois, en Allemagne dans la Forêt noire, puis en Espagne, à Barcelone. Entre deux destinations, il passe saluer un pote sommelier à La Mirande. Le feeling passe avec le chef de l’époque et le voici intégrant la brigade de Daniel Hébet.

Les USA ? Plus question d’y retourner, en 2017, Jonathan acquiert le local de la Petite cuisine dans les halles, « parce que j’adore le principe des halles et pour moi, aller au marché a toujours été associé à l’idée d’aller manger au restaurant« . Une adresse bicéphale qui sert à manger uniquement au déjeuner et propose des « cours » de cuisine, « le restaurant paie les frais et les cours me permettent de vivre » confie le chef aux contours atypiques : – Un Américain qui cuisine devant des gens, c’est convivial, interactif et avec 24 couverts, il y a un sentiment d’exclusivité ».

Jonathan Chiri

« J’ai de la chance de vivre en France car le gouvernement fait beaucoup de choses pour nous. Aux USA, c’est la catastrophe pour les restaurants, on ne fait rien pour eux », Jonathan Chiri

De juin à août, les touristes réservent en masse, le reste de l’année, ce sont les locaux… « Au début, je proposais un menu mais ce n’était pas rentable, il vaut mieux changer tous les jours, c’est plus souple, dit Jonathan Chiri. Je passe mon temps à toujours imaginer quelque chose de nouveau, c’est pour ça que je ne me projette jamais dans le futur ». En plein confinement, le restaurant a fermé et Jonathan maintient son activité avec de la livraison à domicile : des plats de tradition, mâtinés de quelques interprétations contemporaines, des classiques qui surprennent par leur étonnante vivacité…

Jonathan Chiri« A l’avenir, il y a un risque que de grandes chaînes de l’agroalimentaire s’implantent encore plus qu’elles le l’ont fait jusqu’ici, se désole Chiri qui tempère aussitôt : – Mais le bon côté de la standardisation, c’est la notion de service. Les Français ont fait de grands progrès dans l’accueil et des clients… D’un côté, il y a la globalisation et de l’autre on assiste à un retour massif de la qualité. Même aux USA maintenant on peut trouver un bon fromage, de vrais pains, de la bonne viande. Les Français en 2020 affichent un super esprit d’entreprise et plus personne ne s’étonne de voir quelqu’un qui n’a pas fait l’école hôtelière ouvrir un restaurant. On prend en compte la passion maintenant ».

La Cuisine Centr’halles, halles d’Avignon, place Pie ; infos au 06 46 89 85 33. Dejeuner du mardi au dimanche ; carte, entrées : 8€ , plats de 16 à 18 € et desserts, 8€.
Cours de cuisine dès 9h, visite des halles, élaboration du menu, déjeuner inclus, 85 € (en semaine) et 95 € (le week-end). Démonstrations culinaires (dès 10h, visite des halles, préparation de l’apéritif et dégustation, fin à 11h30, 40 € par personne). Dîner privé ou cours de cuisine avec dîner chez les particuliers, 135 € par personne.

Photos Philippe Hanula

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