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Laurence Ciccarelli et la Poissonnerie du Golfe, la quête du meilleur

Laurence Ciccarelli
Justine et sa tante Laurence Ciccarelli

On l’appelle la “Poissonnerie du Golfe”, on pourrait l’appeler la “Poissonnerie de tous les superlatifs” tant elle se distingue des commerces environnants. C’est la poissonnerie en activité la plus ancienne de la ville, des clients assurant à sa propriétaire que leur maman et grand-mère y venaient déjà y acheter leurs poissons, il y a 110-120 ans. C’est aussi la dernière poissonnerie tenue par des poissonnières sédentaires ce qui redouble tout l’intérêt qu’elle suscite. “Le plus gros jour, c’était le vendredi, désormais c’est le samedi…”  assure Laurence Ciccarelli aussitôt interrompue par une cliente : – Moi je viens quand je vois moins de monde, le samedi c’est fini, je ne viens plus”. Sourire de Laurence Ciccarell alors que sa nièce, Justine, lève des filets de sardines. “Mon mari a une poissonnerie à Sausset-les-Pins et moi ça fait 27 ans que je suis ici” dit-elle. Il y a 110 ou, plus vraisemblable, 120 ans, c’étaient ici des écuries pour les hôtels particuliers environnants. Les temps ont changé : – Je pense qu’il est difficile d’envisager un avenir pour des commerces comme le mien ; les approvisionnements ont changé, c’est fini pour la criée de Saumaty”.

Paroles de clients : “Même mort, le poisson me regarde, vous pouvez lui lever les yeux ?”
“Enlevez-moi les dents, ça me pique”

Connue pour son franc parler, la qualité de sa marchandise –“et non, vous n’aurez pas de calamars, c’est pas la saison !”-, Laurence Ciccarelli accueille une clientèle composée de riverains, de gens de bureaux et “des autres quartiers aussi”. Des fidèles que Laurence appelle par leur nom, voire leur prénom, ultime signe d’amitié. “Ça me fait presque sourire d’être la toute dernière, lance la poissonnière, petit bout de femme énergique au regard timide. Si vous vendez un poisson tel quel, vous vous le gardez. Maintenant, on fait de plus en plus de découpe, de prêt-à-cuire. Les gens aiment les carpaccio, les tartares, les ceviche. On ne vend rien si ce n’est pas en filets”.

Justine, la nièce, complète : – Le dos de cabillaud se vend beaucoup ; c’est un poisson pratique, ce sont les restos un peu bobo qui donnent le la et lancent les modes”. “Il y a aussi les magasines et puis les copines qui-ont-vu-ça-chez-machine et qui veulent servir pareil” assure Laurence. Agacée de voir le retour des “supermarchéscity” en centre-ville qui font du tort aux petits commerces de proximité, Laurence Ciccarelli  assure que “la qualité devient une exigence et qu’il n’est pas possible de vendre autre chose que du bon produit”. Elle se désespère : ‘Il n’y a plus de droguerie véritable en centre-ville”. Mais elle, elle fait de la résistance et longtemps encore on ira acheter du poisson et des coquillages chez elle. Même s’il y a trop de monde le samedi !

22, rue Dr Combalat, Marseille 6e arr. De 7h à 13h, fermé dim. et lun. Infos au 04 91 53 37 22. 

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