Art de vivre

Le bouillabaisse, un plat cuisiné et rédigé par Emmanuel Perrodin

le bouillabaisseOn peut écrire que l’avènement du XXIe siècle aura sauvé le bouillabaisse (1). Reconnaissons que le plat cher aux Méditerranéens a été très abîmé, dans son histoire au moins, par les inventions, loufoqueries, enluminures qui ont constitué une légende grotesque, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, jusqu’aux années 1980 où d’aucuns crurent bon de rédiger une « charte ». Cette dernière, au lieu de sauver et perpétuer cette recette, eut tout l’effet contraire de la figer, de la scléroser et surtout, de l’engoncer d’oripeaux folkloriques pitoyables.
Le premier à avoir entamé un travail de vérité est Jacques Dupuy qui, dans un ouvrage collectif consacré aux pot-au-feu (Autrement Ed.), rétablit quelques vérités historiques bien que le bouillabaisse et ses dérivés n’appartinssent jamais à la famille des pot-au-feu… (lire ici). Le second à enfoncer le clou est Emmanuel Perrodin qui vient de commettre un livret aux Editions de l’Epure réunissant 10 façons de préparer le bouillabaisse et quelques informations primordiales sur ce plat grec, la fameuse kakavia. Car, n’en déplaise aux rédacteurs de la charte, il n’est pas un mais des bouillabaisses et Perrodin leur redonne vie via le bouillabaisse du pauvre, bouillabaisse noire, borgne, corse ou du lendemain.
Saviez-vous que Marius Morard, qui était à la fin du XIXe le pendant marseillais du Villeneuvois Escoffier, mettait du beurre dans sa recette au grand dam des thuriféraires de la cuisine à l’huile d’olive ? L’ouvrage est riche de ces informations qui, mises bout à bout, commencent à redonner à ce plat son vrai visage. Au fil de la lecture monte une colère, celle de voir la fin du livre approcher. Car du haut de ses 12 pages, Perrodin fait naître une frustration vertigineuse : celle de ne pas nous en dire toujours plus tant l’écriture raffinée et le dense contenu sont nourrissants. Et vous cherchiez encore quoi offrir à Noël ?

(1) En provençal, bouillabaisse étant un nom masculin, pourquoi se priver du plaisir de le réécrire dans son genre juste ?

« La Bouillabaisse, dix façons de le préparer », Emmanuel Perrodin, éditions de l’Epure, 8 €.

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Vite lu

(Encore) un nouveau directeur aux Roches Blanches. Comme chaque année, l’hôtel restaurant cassidain présente son nouveau directeur. Il s’agit d’Emmanuel Blanchemanche qui a quitté la direction du domaine de Verchant, près de Montpellier, pour Cassis. « Je suis très heureux de me lancer dans ce nouveau projet de vie, de  surcroît dans cet environnement exceptionnel. Pouvoir écrire un nouveau chapitre pour ce lieu mythique est un privilège et j’ai suivi les conseils de Winston Churchill, qui a résidé aux Roches Blanches : pour s’améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent ». Il n’est pas sûr que dans l’hôtellerie et la restauration ces changements perpétuels soient très rassurants pour les clients.

Sébastien Sanjou au château Mentone. Le chef varois rejoint pour l’été le domaine viticole de Mentone et y ouvre « la Table de Mentone ». Dès les beaux jours arrivés, la table est dressée en extérieur, face au vignoble et aux forêts qui le bordent. La ferme-auberge promet de conjuguer convivialité et partage avec des menus d’esprit provençal composés avec les légumes et herbes fraîches du potager, les fruits des vergers, olives de l’oliveraie du domaine et les œufs du poulailler. Viandes et volailles, fromages et charcuteries sont, eux, issus de producteurs locaux. Les vins de la propriété, classés Côtes de Provence bio, accompagnent les menus. En mai et juin, ouverture du mercredi au dimanche au déjeuner et du mercredi au samedi au dîner.
Château Mentone, 401, chemin de Mentone, 83510 Saint-Antonin du Var ; infos au 04 94 04 42 00.