Restaurants en Provence

Le Clair de la Plume, à Grignan

le clair de la plumeEn lisière de village, les champs de lavande viennent cogner les remparts du château où Mme de Sévigné écrivit ses plus belles lettres. A Grignan, on visite les ruelles, le château et le Clair de la Plume, maison cossue du village où ont trouvé refuge le chef Julien Allano et son pâtissier, Philippe Riquier. C’est soir de fête au Clair de la Plume : le chef a décidé de proposer un menu en accord avec les vins de la maison Jaboulet. L’occasion était trop belle de juger tout à la fois la pertinence des accords mets-vins et la virtuosité de la brigade.
La cuisine d’Allano est avant tout régionale : compression de tomates anciennes-sorbet basilic et neige d’huile d’olive donnent le la. L’assiette techniquement bien ficelée est accompagnée d’un Héritage blanc 2011, Chevalier de Sterimberg, typique de ce que doit proposer l’appellation, un vin gras d’une belle minéralité qui tient tête à l’acidité des tomates. Suit un foie gras poêlé et laqué au caramel d’épices texture fraises à la passion ; l’assiette est voluptueuse, le foie bien saisi ne se délite pas et se joue de quelques pointes fruitées-acidulées. Un crozes hermitage blanc 2005 domaine de Roure s’impose pour son acidité qui apporte vitalité à l’assiette. La truffe d’été et lard de colonata en surprise feuilletée est séduisante, le feuilletage bien beurré mais la farce laisse perplexe car trop dense. Heureusement, ce jus réduit, concentré et salé fait merveille avec les effluves de chocolat et truffe noire d’un hermitage rouge 2004 la Chapelle. Le repas touche à sa fin avec un filet de boeuf simmental au cuir de vin rouge-délicatesse confite au beurre frais. Viande fondante, composition crémeuse et onctueuse, on aime le côté coquin de pommes de terre nouvelles rissolées et ce château La Lagune (haut-Médoc rouge 2010) tout indiqué pour ce morceau de bravoure.

A l’heure des desserts, Riquier propose quelques fruits des bois d’un paysan voisin baignant dans un sirop compoté avec un tout petit appareil crémeux aux graines de caramélisées. C’est vif, enlevé et traditionnel tout en étant savamment mis en scène dans une grande coupe noire. La conversation gourmande entre l’abricot et le chocolat jivara est du même acabit. Qualité des produits, réelle maîtrise, jolis accords choco-abricot mais c’est la présentation “en jardin” qui ne me plaît guère. C’est la mode en ce moment des assiettes dites “en jardin”, des assiettes joliment déconstruites, mais moi, ça ne me plaît pas.
Alors faut-il y aller ? Plutôt deux fois qu’une mon colonel car, aussi bien côté salé que sucré, il y a une belle entente entre Allano et Riquier qui se retrouve dans l’harmonie des menus. Il s’agit d’une cuisine contemporaine qui ne renie pas les usages classiques et qui fait oublier la technique au profit d’un esprit “campagne-chic”. Vous pouvez y réserver les yeux fermés.

Le Clair de la Plume, 2, place du mail à Grignan (Drôme) ; infos au 04 75 91 81 30.
Midi, déjeuner bistrot 24,50 et 29,50 €. Le soir, restaurant gastronomique 45, 59 et 79 €. Salon de thé l’après-midi.

 

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En bref

Ban des Vendanges à Visan Pour cette 5e édition, les festivités débuteront à 17h, par un concert de l’orchestre de chambre de Lyon, dirigé par Vincent Balse (concerto pour piano en la majeur KV 488 de W.A. Mozart ; concerto pour 2 violons en ré mineur de J.-S. Bach ; quintette pour piano et cordes de N. Kapustin ; valse sentimentale de I. Tchaïkovski ; Azul Tango de R. Galliano).
A l’issue du concert, le défilé des membres de la confrérie Saint-Vincent de Visan, (une des plus vieilles confréries bachiques de France) intronisera quatre personnalités sur la place du Jeu de Paume. Un buffet sera ensuite dressé dans la cour de l’hôtel de Pellissier où seront servies les cuvées de 10 caves et domaines de l’appellation. A l’origine du ban des vendanges, le seigneur local levait une bannière à ses armes, d’où le nom de ban, ce qui levait l’interdiction de ramasser du raisin et non pas l’autorisation de commencer la vendange. Le raisin était goûté par les autorités compétentes qui déclaraient qu’il était mûr. La récolte et le foulage pouvaient alors commencer. Infos et réservations au 04 90 41 97 25 ; tarif : 30€.

Arles, expo au chardon Du 1er août au 30 septembre, le restaurant accueille l’exposition du photographe Samir Ben Rahma : “les Catalanes”. “Nous sommes honorés d’accueillir sur nos murs et pour le plus grand bonheur de vos pupilles, de votre mémoire, de la mémoire des Marseillais, cette expo qui est un hommage au passé, aux femmes et à leurs années glorieuses !” explique l’équipe du restaurant, réputé pour accueillir tout au long de l’année des chefs en résidence, des vignerons, des artistes et des bons vivants. 37, rue des Arènes à Arles ; infos au 09 72 86 72 04.

Les Musicales dans les Vignes jusqu’au 30 août, vingt-cinq domaines de renom célèbrent la noblesse du vin en musique avec des concerts uniques au fil de l’été… Des instants musicaux suspendus dans des lieux d’exception. Et il y en a pour tous les goûts : jazz, classique, tango argentin, flamenco, musique tzigane, klemer, russe, etc. Un tour du monde. Infos et inscriptions 06 60 30 32 90 et http://lesmusicalesdanslesvignes.blogspot.com/

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