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Le Ventoux, du tire-fesses au tire-bouchons

Les Vauclusiens parlent du Ventoux comme du « Géant de Provence ». C’est vrai qu’il en impose, ce mont culminant à 1911 mètres avec… une station de ski à son sommet ! Mais bien loin des tire-fesses, retour au tire-bouchon avec, de Vaison-la-Romaine à Apt, en passant par Carpentras, sur quelque 6500 hectares, une aire d’appellation intéressante. Une zone géographique qui profite des contrastes offerts par la conjugaison des microclimats des monts, plaines et vallées de l’appellation. Alternance entre sols argileux et sols calcaires, les vins produits ici en trois couleurs sont tantôt puissants, tantôt délicats.

infographie ventouxCaricaturalement, les vins du Ventoux appellent à des plats méridionaux (pieds-paquets, boeuf à la braise, tomates farcies). Les vins rouges (66%) et rosés (30%) sont élaborés avec du grenache typique des appellations méridionales de la vallée du Rhône. Il donne des vins corsés d’une belle couleur, fruités dans leur jeune âge. La syrah, elle, confère corps et structure et le carignan, compère du grenache, donne des vins nerveux et structurés. Le cinsault trouve sur ces coteaux secs et pierreux un terroir de prédilection et apporte finesse et élégance. Le mourvèdre enfin colore les vins et leur apporte soleil et chaleur.

Côté vins blancs (4%), la clairette s’accommode bien des sols pauvres où elle s’exprime le mieux. La roussanne a une maturité tardive et développe des arômes très prononcés de fruits secs comme la noisette, aubépine, abricot, café vert, chèvrefeuille, miel, narcisse, racine d’iris. Le bourboulenc donne des vins plus légers et nerveux que la clairette, mais s’associe très bien avec cette dernière. Le grenache blanc est un cépage à faible rendement, cultivé sur les coteaux. Il donne des vins fins, riches en arômes floraux et peu acides. Certains vignerons cultivent également la marsanne, le vermentino et le viognier.

C’est bien beau tout ça, mais on boit quoi ?

La Noria 2012, château La Croix des Pins Cette cuvée est issue d’un assemblage de grenache, syrah et mourvèdre vinifiés séparément, pour permettre à chaque cépage de développer son identité propre. croix des pins okCe vin se pare d’une belle couleur rubis, rehaussée par de légers reflets noirs. Le nez laisse poindre des arômes vanillés et toastés qui évoluent rapidement vers des notes de caramel et de café. La bouche se caractérise par une belle fraîcheur et présente des tanins fins, tout en souplesse et en rondeur. La finale, quant à elle, délivre des essences de moka. Pour le reste, le domaine respecte un cahier des charges agriculture bio et, très logiquement, les vendanges sont faites à la main.
Prix départ cave : 10,90 € ; infos au 04 90 66 37 48.

La Terre du Petit Homme 2012, château Juvenal Cette cuvée tire son nom des parcelles qui étaient souvent visitées par un petit homme accompagné de son chien et qui, selon les terre du petit homme okrumeurs, savait 23très bien flairer la truffe. Elle est vinifiée à 50-50 de grenache et syrah. La robe se pare d’une couleur rouge profonde aux reflets d’encre de chine. Au nez, les arômes oscillent entre des notes d’épices douces (curry, origan, cumin) et des notes de petits fruits rouges. En bouche, la densité et l’élégance dominent, marquées par des tanins soyeux, associés à la vanille et à la réglisse. Anne-Marie et Bernard Forestier se sont installés ici en 2001 et ont basculé le domaine en agriculture biologique dans la foulée. A terroir d’exception, ensoleillement maximal…
Prix départ cave : 12 € ; infos au 09 51 13 01 63.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.