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Les vins rosés de Provence : passeport pour les cuisines du monde

Cette couleur a offert au vin une âme de vacances et d’éloignement. Elle sera aussi celle de l’été ; le vin rosé est étroitement associé aux cuisines lointaines, soulignant plus encore son caractère tout à la fois convivial, amical et de plaisir. “Dans les cuisines exotiques, on travaille sur la relation fruits/épices, remarque Philippe Faure-Brac. Les vins rosés ont un côté fruité beaucoup plus marqué que les rouges ou les blancs ; c’est une couleur qui va adoucir les effets anesthésiants des épices” explique le meilleur sommelier du monde 1992. Giselle Marguin, représentante des sommeliers de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur confirme : “Les préparations asiatiques ou nord africaines cuiraient un vin blanc. En revanche, le rosé est moins conventionnel, il présente souvent une finale sur des notes de poivre blanc et d’épices douces. Un rosé pour escorter un tajine ou un couscous garantit une alliance goûts et couleurs”. Rose pâle, à la robe profonde ou vive, la couleur est un précieux indice qui vous aidera dans les accords mets et vins. Giselle Marguin distingue trois grandes familles de rosés : les subtils et élégants, les vins de copains et d’apéro et, enfin, les vins de repas avec une couleur très personnelle et charpentée.

two wine glassesRobe foncée, menu élaboré
Karine Tinon, chef sommelière du restaurant marseillais les Trois Forts professe une règle très simple : “Au plus les rosés sont clairs, au plus vous leur associerez des plats simples. Au plus leur robe gagne en intensité, au plus la cuisine qui les accompagne sera élaborée”. Quelques exemples ? “Des côtes-du-rhône méridionales, tavel et lirac pour la cuisine nord-africaine ; des rosés de soif, sainte-victoire ou côteaux varois, pour les pâtes au pistou, les poivrons grillés ou les pizzas ; des bandols pour la cuisine raffinée libanaise, certaines viandes blanches très travaillées” détaille Giselle Marguin. “Associer les tempuras japonaises et les rosés est un réflexe, de même que la coriandre d’Asie trouve un terrain d’entente tout naturel avec les notes saumonées d’un rosé léger” concède Karine. Mais Philippe Faure-Brac, lui, fait aussi appel à la géographie : “Généralement, les accords les plus simples sont ceux qui font appel au même territoire de production. Vous ne risquez rien à associer le plat d’une région avec le vin produit dans cette même zone : un rosé du Penedes avec une paella valenciana par exemple”. Sans oublier la saisonnalité
des couleurs ; Giselle Marguin confesse préférer les vins rouges en hiver : “C’est merveilleux sur une gigue de chevreuil… en revanche le rosé c’est le vin de l’été ; c’est la rythmique des cuisines au fil des saisons qui impose ces préférences naturelles”. Ultime atout des rosés : ils sont la meilleure réponse à toutes les préparations sucrées-salées, très difficiles à marier. “Il est le vin fédérateur des cuisines chinoises dont on connaît en Europe le porc au caramel ou le canard laqué” complète Faure-Brac.

Nuancier de goûts et couleurs
Vin du Sud, le rosé exige matière et structure pour les recettes espagnoles gorgées de soleil et à base d’huile d’olive. Les cuisines italiennes appellent un vin de belle fraîcheur avec une minéralité évidente : les rosés de l’année sur le fruit en seront les meilleurs accompagnateurs. Les couscous, méchoui, tajine et pastillas d’Afrique du Nord ont besoin d’un rosé avec du répondant qui puisse tenir tête à certaines épices prononcées de même que la délicatesse asiatique, toute de minutie et de précision, aimera la caresse d’un pétale de rose sur ses accords.

Pendant de nombreuses années, le vin rosé a été considéré au mieux comme un sous-vin, par les uns, ou, au pire, comme une anecdote de la viticulture par d’autres. La réalité est plus complexe ; cette couleur prend des tonalités et reliefs multiples qui en font le partenaire privilégié des cuisines simples ou, a contrario, très élaborées. C’est un vin tout en nuances qui confère plaisir et sophistication à vos menus. Il suffit de le laisser s’exprimer, tout naturellement.

Vite lu

Saint-Tropez Homer Lobster (champion du monde de lobster rolls décroché en 2018 aux USA et deux adresses à Paris), ouvre sa première adresse à Saint-Tropez. A goûter : le homard ou crabe de nos côtes, assaisonnement précis et une généreuse brioche artisanale, croustillante mais légère comme un nuage, élaborée spécialement pour Homer Lobster avec la complicité du boulanger Meilleur ouvrier de France Thierry Racoillet. A tester aussi, des recettes parfaitement cuisinées : l’indétrônable classic, le Connecticut au beurre citronné et assaisonné d’un mélange d’épices secrètes ou la version miso-yuzu très fraîche. Cet été, la marque proposera en exclusivité un étonnant lobster roll et un grilled cheese surmonté de caviar impérial de Sologne de la Maison nordique, au grains brun-noirs et aux notes douces et onctueuses ; un produit d’exception issu de l’esturgeon Baeri et produit en France. Une adresse : 9, quai Jean-Jaurès, 83990 Saint-Tropez.

Cannes La plage Hyde Beach du Grand Hôtel de Cannes rouvre ses portes avec une nouvelle carte sudiste signée par Stéphanie Le Quellec. Située sur le boulevard de La Croisette, la plage privée du Hyde Beach Cannes et son ponton au-dessus de la mer proposent de profiter d’une expérience de détente (et de gastronomie) les pieds dans le sable. Stéphanie Le Quellec, qui connaît bien la région pour y avoir exercé pendant près de 8 ans, renoue cet été avec la Méditerranée. Elle a promis de retravailler avec ses producteurs de cœur et leurs merveilleux produits : fromages de chèvre de la région, tomates charnues, poissons de la côte et autres aromates du marché coloré de Forville, que la cuisinière s’attachera à sublimer. Un shot de Riviera dans l’assiette…

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