A lire

Avec Couscous connexions, 50 recettes qui ont du grain, le chef Abdel Alaoui signe un livre-manifeste : le couscous comme carrefour plutôt que patrimoine figé. Aux classiques poulet, légumes, keftas, il mêle des variations qui débordent le Maghreb, entre thiéré et attiéké, clins d’œil à l’Afrique de l’Ouest, et des versions sucrées aux agrumes et à la mangue. L’ouvrage déborde de l’assiette principale : entrées, boissons, pains d’accompagnement, et une attention maligne aux restes de semoule, recyclés en tartes, farces ou gâteaux. La sortie a coïncidé avec le festival Kouss•Kouss, dont Alaoui est une figure familière : le 4 septembre, sur la terrasse des Grandes Tables à la Friche la Belle de Mai, il proposait trois couscous, harissas et sauces aux herbes maison, en écho direct à son livre. Une manière de prolonger sur le papier ce qu’il défend en cuisine : le couscous comme langue commune, capable d’accueillir toutes les influences sans jamais perdre son grain.
• « Couscous connexions, 50 recettes qui ont du grain », La Martinière Ed., 192 pages, 29 €

A suivre

Dimitri Droisneau, La Villa Madie (Éditions du Chêne, 256 pages) est le premier livre du chef cassidain qui sortira en librairies le 7 octobre prochain. L’ouvrage réunira 45 recettes, mais dépasse largement le livre de cuisine : paysages, assiettes et souvenirs s’y répondent pour raconter ce qui se joue en coulisses, service après service, face au Cap Canaille. Marielle Droisneau orchestre quant à elle la salle, un binôme que la maison revendique comme sa signature. Ce livre-somme viendra raconter, à hauteur d’homme, la fabrique d’une maison 3 étoiles en bord de la Méditerranée.

Cassis

► Pierre Hermé rejoint les Vendanges Étoilées de Cassis pour leur 14e édition.- Du 25 au 27 septembre 2026, Cassis célèbre la 14e édition des Vendanges Étoilées, rendez-vous désormais incontournable de la gastronomie  française. Pendant trois jours, chefs étoilés, producteurs, artisans et passionnés se retrouvent autour des savoir-faire, des produits du terroir et du plaisir de la transmission et cette édition 2026 s’offre une signature de choix en la personne de Pierre Hermé. Promu Officier de la Légion d’honneur en 2024, Hermé compte parmi les figures qui portent la gastronomie française à l’international. Sa venue enrichit une programmation placée sous le signe de l’excellence, du partage et de la convivialité : démonstrations culinaires, cours de cuisine, dégustations, marché de producteurs et rencontres avec les chefs rythmeront ces trois jours entre mer et vignobles.
Du 25 au 27 septembre 2026 à Cassis. Infos en cliquant ici.

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Magazine

Nomade à Cassis, la pâtisserie voyageuse de l’hôtel des Roches blanches

Valentin Fabry, chef pâtissier des Roches blanches et de la pâtisserie Nomade

C’est une fenêtre ouverte sur le village, comme une invitation à venir visiter la maison mère. Nomade a accueilli ses premiers clients en juin 2023 en plein centre de Cassis, une pâtisserie aux armes de l’hôtel des Roches blanches, une boutique que le directeur de l’hôtel, Emmanuel Blanchemanche, a voulu ouverte à tous. Nomade rayonne désormais sur l’avenue Victor-Hugo, et soufflera sa première bougie dans quelques mois : – On a baptisé ce magasin Nomade car nous voulons faire voyager les Roches blanches, explique le directeur de l’hôtel. Cet été 2024, nous développerons une offre salée à emporter sous forme de paniers pique-niques. Par ailleurs, nous allons proposer une pâtisserie événementielle sous forme de pièces montées et de wedding cakes. Nous avons une jeune pâtissière qui excelle dans ce style pâtissier ».

Nomade et la tarte vanille

Dans le labo, une équipe s’affaire autour de Valentin Fabry. Le chef pâtissier des Roches blanches prépare ici même, chaque jour, viennoiseries, gâteaux et quelques beautés salées à l’instar des pâtés en croûte présentés en vitrines. « J’ai fait mon apprentissage pendant 5 ans chez un Meilleur ouvrier de France en Vendée, explique le jeune talent de 33 ans. On y faisait de tout : du gâteau, du chocolat, de la viennoiserie, de la glace, c’était très formateur », poursuit celui qui parle avec nostalgie de cette école où « on travaillait le lait cru et des produits de haute qualité avec un sens de l’économie et du zéro gaspillage très poussé ».

« Je crois que c’est pas mal »

Valentin Fabry au sujet de sa tarte vanille

Valentin a travaillé à Ascot, au Pennyhill park hotel, non loin de Londres puis à l’Eden Roc au cap d’Antibes, « par hasard », pendant 5 ans, avec quelques saisons à Courchevel avant d’atterrir à Cassis. En poste depuis 4 saisons, il a côtoyé Alexandre Auger d’abord, Nicolas Sintes ensuite. « On s’est apprivoisé avec le chef, on a tous nos caractères et on fait avec. Nous gérons nos parties séparément mais on bosse ensemble sur la cohérence de la carte, nous cherchons l’harmonie dans les menus ». Parce que Sintes aime la Méditerranée, Valentin Fabry cherche les accords sucrés « avec les produits les plus sudistes possible comme les fruits et les herbes ».

Valentin Fabry, chef pâtissier des Roches blanches et le directeur Emmanuel Blanchemanche

Valentin Fabry n’aime pas les mondanités et l’entre-soi des pros de la restauration, « je ne suis pas homme de microcosme et n’aime pas me mettre en avant, dit-il. En revanche, je me passionne pour le savoir-travailler et l’excellence des artisans ». Cette année, Valentin Fabry est fier de sa tarte vanille, « mi-entremets et mi-tarte avec le grain en bouche d’un praliné vanille sur un crémeux fondant et une ganache montée ». De lui, le pâtissier reconnaît qu’il procrastine beaucoup et qu’il est un flemmard, « ça m’ouvre des solutions pour être plus efficace ». Emmanuel Blanchemanche, son directeur hausse les épaules : – C’est surtout un gros bosseur qui ne le dit pas ». Un travail de bon goût à découvrir aux Roches blanches et chez Nomade…

Nomade, 12, avenue Victor-Hugo, 13260 Cassis ; infos au 04 42 08 39 64.

Gâteau servi à la pâtisserie Nomade de Cassis

Blanchemanche, « marchand de bonheur »

Emmanuel Blanchemanche entame sa 3e saison à la direction des Roches blanches. Petit à petit, ce Bourguignon de naissance se fait cassidain. La preuve : il dit bonjour à tous et s’arrête presque partout lorsqu’il traverse les rues du village. A son arrivée, l’hôtel travaillait avec une clientèle à 90 % française, la « commercialisation » des Roches auprès des Américains est un succès au point que la part de clientèle française est passée à 70%. « Je vends la destination Cassis, je parle de la villa Madie, de la renovation de l’hôtel Liautaud, des atouts de Marseille et d’Aix… Et ça marche car nos hôtes écoutent nos recommandations et ne vont pas à Saint-Tropez ! ». Blanchemanche a beaucoup travaillé pour des grands groupes américains mais il ne se plaisait plus, passant son temps à faire du reporting et à délaisser clients et équipes. « Ici, c’est une maison à taille humaine ». On la croirait presque construite pour lui.

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