Art de vivre

La saucisse de Marseille servie à Hong-Kong !

saucisse de MarseilleC’est le clin d’oeil du mois : on sert la saucisse de Marseille à… Hong-Kong ! On retrouve la fameuse saucisse dont la recette a été imaginée à Marseille à la carte du restaurant Mano. Le chef de cette table très courue par le Tout-Hong-Kong, Frédéric Chabert, s’est fait connaître il y a quelques années à la tête du Petrus, le restaurant de l’hôtel Shangri-La de l’ancienne colonie britannique. Egalement à la carte, l’agneau allaiton d’Aveyron distribué par la famille Greffeuille. C’est Charly qui doit être content !
Charly Assirlikian est l’un des bouchers-charcutiers les plus connus de Marseille. On lui doit l’invention, avec son compère de toujours, Marcel Rei, de la fameuse saucisse de Marseille à dominantes de « fenouil et de badiane ». Le duo Assirlikian-Rei ajoute également dans la recette un mélange d’épices dit Rabelais, créé à Marseille en 1880. « Cette saucisse marseillaise est un produit plutôt élitiste, avec du porc français de grande qualité. On ne veut pas la banaliser. C’est un produit verrouillé, breveté, cloisonné dans son assaisonnement, comme la saucisse de Morteau par exemple » affirme Assirlikian.

Mano, The L. Place, 137-141 Queen’s Road Central, Hong Kong ; infos au +852 2399 0737
Boucherie Jacques, 54, avenue de Saint-Jérôme, Marseille 13e arr. ; 04 91 66 41 08.
Un grand merci à Philippe qui, en voyage à Hong-Kong, a eu l’idée de cette photo et de l’offrir aux lecteurs du GPPP

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.