Restaurants en Provence

Treize en vue, très en forme la famille Poette !

treize en vue 1L’adresse ne paie pas de mine et il faut s’arrêter devant la carte pour y déceler le savoir-faire d’un chef à la maîtrise avérée. Reconnu par le cercle culinaire de France, une énième association de toqués qui a le mérite de sélectionner avec discernement ses membres, le chef Philippe Poette fait le pari des formules concentrées au déjeuner et de la restauration de tradition le soir.
treize en vue 2Ne sourions pas ironiquement devant cette tartine forestière (poêlée de champignons, magret fumé, pain de campagne et salade), ni devant le camembert rôti (frites et salade) ou la bavette de boeuf sauce aux cèpes car ici tout est frais, excellemment bien amené et délicieusement appétissant. Le chef vise juste en accompagnant son dos de cabillaud d’une sauce vierge au kumquat-tombée d’épinards et frites de panisses ou d’originaux encornets spaghetti à la carbonara chips de parmesan. Produits frais et pleins d’à propos, un soupçon d’imagination et voilà que la formule se répète à midi dans un menu tiré au cordeau à 17,30 €. Mini salade Caesar, navarin d’agneau (fondant comme on aime) avec d’authentiques frites maison (décidément en sous nombre tellement elles étaient croustillantes) et un demi macaron au nutella-chantilly, made in rue Breteuil, que-vous-m’en-direz-des-nouvelles… La clientèle ? Quelques avocat(e)s qui ont roulé sous le bras leur robe et courent ici affamés entre deux plaidoiries, des commerçants et banquiers, le siège de la Caisse d’Epargne est juste à côté…

Une très jolie adresse toute en humilité hautement recommandée pour déjeuner. Et il y a quelques chances pour que la curiosité vous pousse à revenir pour découvrir la carte. Non non, la curiosoté n’est pas un vilain défaut, la gourmandise non plus d’ailleurs.

Treize en vue, 40, rue Breteuil, Marseille 6e arr. ; résas au 04 91 48 21 28.
Formule midi 14 et 17,30 €. Formules 22 et 27 €. Carte 32-35 €.
Convainquante carte des vins (châ. grand Seuil, Beaulieu, la Gordonne, la Galinière ; dom. Tempier, Bodin).

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.