Restaurants en Provence

Un soupçon d'évasion au Tay Laï à Aix

tay lai 2C’est une table vietnamienne qui aligne les années comme un général mexicain aligne les médailles sur son poitrail. Le Tay Laï est devenu au fil des ans, une adresse aixoise sans tapage mais d’une furieuse régularité. Allez-y une fois, deux fois, trois fois et le patron vous repérera ; il saura vous offrir une babiole à l’apéro ou quelques copeaux de gingembre confits voire un supplément de beignets de crevettes. Le geste commerçant est tellement devenu rare qu’il faut lui rendre hommage quand il reste quelques généreux restaurateurs. Côté carte, elle ne varie pas d’un iota, d’une saison à l’autre : par goût personnel, on recommandera les crevettes et les seiches au sel et au poivre en guise d’amuse bouche à partager. Pour le reste, vous avez l’embarras du choix : crêpe vietnamienne, bo bun, rouleaux frais aux crevettes (mais ceux au boeuf ne sont pas à négliger non plus), une kyrielle de mixao (pâtes croustillantes ou fondantes, au choix) et l’incontournable canard laqué que vous accompagnerez de germes de soja frais poêlés à l’ail. Très franchement, la soupe aux raviolis, pâtes jaunes, crevettes, crabe et xasiu vaut à elle seule le déplacement. Juste équilibre dans le dosage des herbes fraîches (citronnelle, coriandre), riche assortiment et garniture opulente, c’est un sans faute. Côté dessert, ici comme ailleurs, ce n’est pas le point fort de l’équipe ; vous irez chez Weibel non loin de là, à l’autre bout de la place Richelme, pour y savourer un castel. Alors faut-il y aller ? On ne peut que vous y encourager car, pour un rapport qualité-prix très convenable, vous compterez parmi les initiés. Pas ceux qui bêtement ouvrent un guide acheté chez le libraire du coin, non non… Ceux qui, à l’instar des autochtones, savent où il faut aller.

Le Tay Laï, 16A, rue des Marseillais, 13100 Aix-en-Provence ; 04 42 23 53 79. Formules midi, 13, 16, 25 et 32 €. Carte 25 € environ.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.