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Marseille

► A lire.- « Qui aurait pu croire qu’un talus puisse être aussi appétissant ? » Cet ouvrage pose une question et la tient jusqu’à sa dernière page : plutôt qu’un guide de cueillette classique tourné vers la forêt ou la campagne lointaine, « Zones à cueillir » reste délibérément urbain. Il apprend à repérer et récolter des plantes sauvages comestibles à deux pas de chez soi (bas d’immeuble, jardin, pelouse municipale, trottoirs) puis à les cuisiner : salades fleuries, cocktails aux plantes, plats du quotidien revisités avec la cueillette du jour. Deux tiers de l’ouvrage sont consacrés à la reconnaissance des plantes, le tiers restant aux recettes. A la manœuvre, il faut aller chercher Caroline Decque qui découvre les bienfaits de la nature en entretenant un potager autonome lors d’un service civique. En 2015, elle fonde l’association marseillaise Bigoud’ et aménage une parcelle maraîchère dans le parc d’un Ehpad de la ville. Co-auteur, Camille Gasnier, titulaire d’un CAP cuisine, découvre l’autosuffisance et les plantes sauvages comestibles et médicinales auprès du Mouvement d’Action Paysanne (MAP), en Belgique. Au sein de Bigoud’, les deux femmes cueillent et livrent à vélo plus d’une centaine de plantes par an aux chefs et commerces de bouche marseillais.
• « Zones à cueillir », Caroline Decque et Camille Gasnier, Ulmer Ed., 192 pages, 18 €

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Magazine

Le Répit de Notre-Dame, parenthèse solidaire et fraternelle

À Marseille, le Répit de Notre-Dame, café-resto solidaire de l'Irsam, emploie des personnes handicapées dans un ancien couvent réhabilité

Deux années durant, les piétons de la rue Vauvenargues ont regardé, à travers les palissades, l’avancée du chantier et, surtout, la sublime vue qu’offre le jardin en restanques de cet ancien bâtiment, jadis occupé par les religieuses de la congrégation des Sœurs de Marie immaculée. Les pelleteuses et sacs de ciment ont quitté les lieux voilà peu et le Répit de Notre-Dame a enfin pu accueillir, début juillet 2026, ses premiers visiteurs.

Cuisine du quotidien

Le Répit de Notre-Dame est une entreprise adaptée, « c’est-à-dire que nous avons pour mission de former et d’encourager l’insertion professionnelle de personnes éloignées de l’emploi ou en recherche d’emploi, explique Edouard Brame. Nous encadrons des handicapés sensoriels, des mal voyants ou mal entendants eu égard à l’association qui gère les lieux », à savoir l’Irsam, Institut régional des sourds et aveugles de Marseille. Une jeune personne, trisomique de type 21, a aussi rejoint l’équipe.

Le café-resto propose une restauration élaborée chaque jour avec des produits frais, locaux et de saison. En vitrine, les salades (thaï au poulpe, nouilles de riz, chou et cacahuètes, Déesse au poulet-surimi et féta marinée) côtoient sandwiches et focaccia (mesclun, tomates cerises, ricotta, abricot) aux couleurs méridionales. Des cookies et ou une tranche au cœur onctueux de chocolat mi-cuit viennent clore les repas avec un café à moins qu’on ne vienne les déguster pour le goûter. « A terme, nous aimerions exploiter un potager, le terrain est vaste et nous pourrions parsemer nos recettes de cette production ».

Le gîte et le couvert au Répit de Notre-Dame

A ce jour, un chef de salle et un chef de cuisine, Pierre Lévy, accompagnent 6 salariés en CDI temps partiel « en qualité d’agents polyvalents de restauration ». Le Répit de Notre-Dame accueille chaque jour un peu plus de clients, qui pour boire un café, qui pour déjeuner ou faire une pause dans l’après-midi. « Quelque 10 appartements ont été aménagés dans le bâtiment, dont quatre spécifiquement pour des malvoyants. Le tarif de la location est plafonné et calculé au prorata du revenu des occupants », détaille Edouard Brame.
Un corner épicerie sociale et solidaire avec des produits issus d’Esat et une salle dédiée aux séminaires d’entreprises ont aussi été aménagés pour contribuer au financement du site. Au Répit de Notre-Dame, la vue sur les restanques et l’assiette du jour ne sont que la partie visible d’un projet plus ambitieux : offrir un vrai emploi, un vrai salaire et une vraie place à ceux que le marché du travail laisse trop souvent de côté. Une bonne raison, parmi d’autres, pour y prendre ses habitudes.

Le Répit de Notre-Dame, 66, rue Vauvenargues, Marseille 7e arr. ; infos au 06 16 51 19 72
Du mardi au samedi de 10h à 20h ; déjeuner de 15 à 20 €.

De la gare de Niolon à la colline de la Garde

Avec une formation en école de commerce à Nice, Edouard Brame a travaillé 8 ans pour la Française des Jeux à Paris. Passé la trentaine, il a souhaité revenir vivre à Marseille et rejoindre les siens. « J’ai dirigé le Train Inc. Café, le tiers-lieu inclusif campé dans la gare de Niolon où ma famille est déjà très active. Ça a été une très belle expérience où nous avons organisé des cocktails, des mariages et accueilli du public parfois jusqu’à 50 personnes par jour ». A l’aube de 2026, Edouard a rejoint l’Irsam pour piloter le projet de la rue Vauvenargues et fourmille d’idées pour assurer la réussite du projet.

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