

Il y a deux fiertés au Lapin Blanc. C’est d’abord dans ce lieu-dit de Bonneveine qu’est né Jean-Pierre Foucault et c’est auberge dite du Lapin blanc, fondée sous la Révolution, qui a donné son nom au quartier. Les années sont passées et le Lapin Blanc a gardé toutes ses dents, une institution qui conserve le sourire, c’est même devenu l’un des bars marseillais les plus attachants qu’on connaisse. En premier, l’accueil. C’est le bar, avec son comptoir, des contrôleurs de la RTM, des chauffeurs de taxi, des employés du coin qui boivent le pastis. Ça gueule et rigole de toute part, « Je te mets une formule ? », « Maman, y’a Franck et Valérie qui viennent manger ! », « Bonjour, c’est pour déjeuner ? Je vous mets où ? ». Un régal de gentillesse et de drôlerie.
Deuxième round, la petite salle derrière avec son four à bois aux briques noircies de suie et le pizzaiolo dans le rôle du garde suisse, sourire cool qui discute avec tout le monde. Et puis il y a dehors, sous la tonnelle ou dans le jardin, là où se retrouvent les habitués venus chercher le soleil. Et pour faire le lien entre tout ça ? Une armée de serveuses, toutes plus copines les unes que les autres, qui font le job, servent vite et bien. Un modèle de professionnalisme, un exemple dans le métier dont les profs des écoles hôtelières feraient bien de s’inspirer.


De long en large et en travers, la lecture de l’ardoise creuse la dalle : assiette de charcuteries corses, pâtes à la saucisse, filet de daurade sauce vierge, entrecôte à la braise, magret de canard sauce au miel, saucisse italienne tranchée et nappée de sauce pistou. A vous d’accompagner ça de frites, de polenta crémeuse, de pâtes aux champignons. Le sauté de veau corse n’a rien à voir avec une financière car, bien qu’agrémenté d’olives vertes et champignons, sa sauce est tomatée à l’envi, servie bouillante sur une polenta crémeuse et parsemée d’herbes aromatiques. Mousse chocolat, tiramisu, crème brûlée ou caramel, tout est fait sur place (comme le reste). La crème caramel baigne dans le caramel ; dans le café servi bien chaud, on trempe de la chantilly, ça fait un deuxième dessert.
A l’heure de partir, on annonce table 38 au comptoir du bar et le boss offre le café et « un petit quelques chose pour la route » ? Refus poli mais cœur touché. De même qu’en façade il est écrit « cuisine de famille », il n’est pas plus belle promesse ni plus beau compliment qu’on puisse adresser à une cuisinière. Et en plus, il paraît que Foucault vient de temps à autres…
Formule déjeuner entrée, plat, dessert, 1/4 de vin : 18,90 €.


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