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La distillerie Manguin parie sur le haut de gamme pour ses alcools

Manguin L’aventure Manguin débute dans les années 40, lorsque Claude Manguin, arboriculteur, plante plusieurs hectares d’arbres fruitiers sur l’île de la Barthelasse, avec le palais pontifical en ligne de mire. A cette époque, Claude cultive « des fruits d’exception vendus auprès des épiceries fines tel que Fauchon et les Halles de Paris ». Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la distillerie voit le jour et les eaux-de-vie à base de poires williams et de pêches deviennent rapidement les stars du catalogue de la jeune entreprise. En 1990, la famille Manguin passe le relais et vend le domaine qui sera encore transmis, en 2011, à Emmanuel et Béatrice Hanquiez. Leur motivation : « Racheter et développer une entreprise qui s’ancre dans le terroir avec un vrai savoir-faire ».
Le produit historique de la maison depuis 60 ans, c’est « la poire prisonnière ». Une carafe est accrochée à la branche d’arbre, le goulot enchâssé dans une petite poire williams qui n’a pas encore grossi. Une fois mûre, impossible de l’extraire du flacon, on remplit alors les bouteilles d’eau-de-vie et si la poire joue un rôle purement esthétique, elle n’apporte en revanche aucun arôme supplémentaire.

On distille même de l’olive !
Lorsque le couple Hanquiez acquiert l’entreprise, il entreprend d’étoffer la gamme avec une quinzaine de nouveaux produits et positionne la marque sur les secteurs du haut de gamme. Ils ont d’abord travaillé la poire tout en élaborant une sélection de cœur de chauffe sur une poire williams rouge, une poire vieillie en fut de whiskies et une autre en fût de sauternes. Il y a trois ans, le couple imagine une eau de vie à base d’abricot mais les fortes pluies du printemps ont lessivé leur enthousiasme : il n’y aura pas d’eau de vie d’abricot en 2019 car « le fruit n’est pas de la même qualité que l’an dernier » se désole Emmanuel.
Manguin est aussi la première entreprise à avoir distillé de l’olive : « On sélectionne plusieurs variétés d’olives noires et vertes que l’on fait d’abord macérer et qu’on distille, ensuite. Ce fruit ne contient pas assez de sucre pour qu’il fermente, on fait alors une macération d’alcool qu’ensuite on distille » susurre sur le ton du secret Emmanuel. On retrouve cette boisson dans les restaurants étoilés « les chefs l’utilisent en cuisine et les barmans dans leurs cocktails ». Dans le droit fil des olives provençales; le couple a imaginé une recette de gin à base d’olive qui s’inscrit dans la dynamique des vins français, classé au deuxième rang des gins hexagonaux par la Revue du vin de France. Chaque samedi matin, Béatrice et Emmanuel organisent des ateliers-découverte à la distillerie avec dégustation des eaux-de-vie. Le genre d’école que les adultes aiment beaucoup.

Marie Riera / photos M.R.

Maison Manguin, 784, chemin des poiriers à Avignon ; infos au 04 90 82 62 29. Fermé le dimanche.

Manguin

Du fruit à l’eau de vie

Pour élaborer un alcool haut de gamme,  si « la qualité du fruit est primordiale », la rigueur et le respect des différentes étapes de transformations du fruit en eau-de-vie sont capitaux. Chez Manguin, la fermentation est très lente et s’effectue par petits lots. Mais les cœurs de chauffe, qu’est-ce que c’est ? « Pour obtenir le cœur de chauffe, on distille le jus fermenté qui titre 4 degrés d’alcool. Ce jus est distillé une première fois pour obtenir un brouillis de 30 degrés. Ensuite on le redistille pour obtenir une eau de vie entre 60 et 70 degrés, détaille Emmanuel Hanquiez. Lors du deuxième cycle de distillation on obtient tout d’abord l’alcool de tête que l’on jette, puis le cœur de chauffe qui est l’alcool le plus aromatique et qui affiche de 50 à 80 degrés. Enfin, l’alcool de queue que l’on réutilise le lendemain pour réaliser de nouveaux cœurs de chauffe ». L’alcool s’affine enfin dans des cuves inox ou des dame-jeanne pendant un an pour perdre son côté piquant.

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Vite lu

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☻ Bacalhau ! Le grand Marché du Portugal adopte les couleurs du Portugal : sélection de vins et spiritueux portugais, les fameuses pasteis de nata, les céramiques typiques et produits d’épiceries fines. Les cheffes Rosario Pinheiro et Jenifer Abrantes mettent à l’honneur la morue en plusieurs déclinaisons, Romain Chartrain (de Azul concept store) proposera des grands classiques de la cuisine portugaise, et Sonia Isidro servira une assiette végétarienne.
• Lundi 4 juillet de 16h à 22 heures à la Friche Belle-de-Mai
­☻ Le lendemain, 5 juillet, participez au grand dîner-barbecue pour 450 personnes ! 80 tables partagées et une vingtaine de barbecues géants seront montés pour cette soirée sur le toit-terrasse de la Friche. Gigantesque. La carte sera élaborée par Rosario Pinheiro, Jenifer Abrantes, Sonia Isidro, Sergio Vaz, Romain Chartrain (de Azul concept store) et Julien Reynouard pour la carte des vins. Le menu sera composé d’une salada de bacalhau com grão de bico, Chips de pele de bacalhau, salada de pimento assado, Pão com chouriço, Frango Assado com piri piri, Arroz Doce, Pudim et Línguas de bacalhau.
• Réservations impératives en cliquant ici.

Du gin en Bib. Le gin de la Distillerie de Camargue, le fameux Bigourdan, est désormais disponible en bag-in-box 3 litres. Et pourquoi un Bib ? Parce que c’est pratique, plus léger, plus facile à stocker, à expédier. C’est écologique, le carton ça se recycle plus facilement que le verre. C’est économique : la preuve : 68 € le litre en bouteille et 185 € le Bib 3 litres. Enfin, protégé de la lumière et de l’oxygène il est moins soumis aux effets de l’oxydation. Et c’est pour qui ? Pour les professionnels de la restauration, du bar, de la nuit, de l’événementiel. Les mariés de l’été, les fêtards, les peinards, les fidèles, les marins à quai, les alpins au chalet, les baigneurs sur le sable.
Dégustation et vente à la Distillerie de Camargue, 12, rue Frédéric-Mistral à Arles. Infos au 06 85 03 71 05.

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Mazzia au 50 Best Les organisateurs du World’s 50 best restaurants ont annoncé ce 14 juin l’entrée du chef marseillais Alexandre Mazzia dans le fameux classement des 50 Best. C’est lors d’un repas servi ches Heston Blumenthal à Londres qu’AM a reçu le One to watch award, à savoir le trophée de « l’établissement à suivre ». Ces Oscars de la gastronomie sont décernés tous les ans par la revue britannique Restaurant qui a l’humilité de récompenser les meilleures tables du monde.