Comme une manade aux murs lisses et blancs, cet Edù est un Eden. Edouard Giribone a trouvé son refuge aux portes de la Camargue dans une ancienne jardinerie devenue restaurant en lisière de Saint-Rémy-de-Provence. Dans le repaire « à la cool » dont il a le secret, Edouard a confié le décor à sa maman Annick Lestrohan, qui fait déjà les riches heures de la boutique Honoré, rue Sainte à Marseille. Les lignes sont souples, les matières naturelles et les tables en bois foncé se rappellent au bon souvenir des suspensions en corde. Toile de jute, vaisselle rustique et magnifique cheminée crépitante dans la salle à manger, voici l’écrin parfait pour ce carpaccio de cèpes sur lequel sont tombées quelques gouttes d’huile d’olive, râpés des copeaux de parmesan et saupoudrés des cristaux de sel. Les larmes de balsamique apportent un pertinent relief à l’assiette.
En ce mercredi de semaine, beaucoup de Saint-Rémois sont venus déjeuner dans cette ambiance jazzy cultivant l’esprit de village. Sur l’ardoise, seuls ceux qui ont connu le Ca Blanca à la rue Saint-Pierre retrouveront les émotions de l’iberico de bellota jabugo, d’une poutargue huile d’olive et citron, du poulpe de roche au barbecue et des seiches ail et persil. De temps à autres, le fideo, qui fit aussi les riches heures du Comptoir d’Edouard, rue Jean-Mermoz, refait son apparition… Dans le jardin, les couleurs chaudes de l’automne réconfortent et trouvent écho dans cette pintade fermière juteuse et fondante. Le gratin dauphinois, crémeux à se damner, sonne juste jusqu’à l’assaisonnement de la salade de jeunes pousses du maraîcher voisin.
Alors faut il y aller ? Edouard Giribone a toujours évolué avec brio dans le registre méditerranéen et il prouve ici avant tout que la campagne ne lui est pas étrangère. On aimera l’esprit de détente de cet Edù, de son ardoise aux saveurs franches, aux contours nets et aux intentions sincères. Les desserts insistent sur le caractère familial de cette maison : chou-chantilly et sauce chocolat, gâteau moelleux à l’orange-glace caramel-beurre salé, crème catalane. Eden, refuge, repère, Edouard Giribone se prépare des jours heureux ici et ça commence à se voir.
Edù, 17, avenue Albert-Schweitzer, 13210 Saint-Rémy-de-Provence ; infos au 04 90 20 94 21. Déjeuner, 34 € ; carte, 40-43 €.

► La fête de la Châtaigne de Collobrières animera la commune les dimanches 11, 18 et 25 octobre, de 9h à 18h. Trois dimanches avec, pour chacun, un programme festif, gourmand et porté sur la sensibilisation aux circuits courts, aux produits de saison et à la valorisation de la filière agricole varoise. Dimanche 11 octobre, un marché réunira une vingtaine de producteurs et artisans varois venus présenter leur savoir-faire : miels de Didier Maiffret, figues blanches et calissons d’Angèle confiserie, vins du Domaine de l’Avellan et du Domaine de Capelude, fromages de chèvre des Caprines d’Eole et de Jo Léone, châtaignes et crème de marrons de Nostre Terraire, huile d’olive des Granges de Sophie, escargots de Callas de l’Espigaou, ou encore agrumes de PME Agrumes. Grenades, gingembre de Hyères, confitures et pistou artisanal complèteront l’offre. Le chef Cyril Aveline, du restaurant Hestia à Bormes-les-Mimosas, cuisinera les produits des artisans présents. Maître de la cuisson à la flamme, il cuisinera en public. Au menu : caillette à la châtaigne, échine de cochon confite puis snackée à la flamme, chèvre frais au miel et au gingembre. Les visiteurs se procureront sur place, le jour même, un pass gastronomie à 15 € pour accéder aux dégustations. A 16 heures, le public participera au premier championnat de France d’épluchage de châtaignes. Avec dégustation à la clef.
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