Marseille Restaurants en Provence

La Cantoche de Louise et Julia, une cuisine tartinée d’amour

Pour déjeuner entre potes, pour parler boulot ou en love duo, le nouveau repaire des sœurs Julia et Louise coche toutes les cases. Dans une cantine tout à la fois auberge contemporaine et taverne méditerranéenne, la terrasse et la salle accueillent des copains, des clients de passage ne faisant aucun effort pour dire bonjour en français, des commerçants voisins et ceux qui savent qu’ici, tout est bien et bon. La carte, tendue avec un regard rieur et le sourire sincère, ratisse large, pour tous les appétits et budgets. cantoche

Il fait chaud et beau, un grand verre de kombucha nature s’impose, garant d’une bonne digestion et d’un renforcement de nos défenses immunitaires. Nous voilà armé pour attaquer la carte et ses suggestions quotidiennement renouvelées. Sashimi de thonine-fregola et haricots verts, cerises et huile de noix-ail des ours : les salades composées sont joyeusement audacieuses. Les légumes paysans sont farcis, à la peau bien tendue, agrémentés de graines de fenouil, polpa, tomates cerises rôties et feuilles de basilic. Le banh mi est irréprochable, garni d’onglet snacké et d’un festival légumier haut en couleurs (carottes-concombre, cébettes, coriandre en bouquets, menthe-persil, oignons rouges et mayo miso).

Bienveillance à tous les étages
Tout est gentil et bienveillant, à l’instar du service joyeux et enthousiaste, des assiettes colorées, de saison et d’une fraîcheur désarmante. Parce qu’elle aime gâter ses habitués, Julia offre quelques petits pains toastés, tartinés de beurre persillé plantés de moules en escabèche et pimenton. Pour Julia, le partage et la générosité sont une réalité dont beaucoup devraient s’inspirer au lieu d’en parler. Comment s’arrêter en si bon chemin quand un mouhalabieh-compotée d’abricots et amandes nous tendent les bras ? Comment résister au chant des sirènes d’un fontainebleau-glace amarena et meringue ?
Alors faut-il réserver son couvert chez les sœurs Toche ? Mais c’est évident ! D’abord parce que c’est une cuisine tartinée d’amour, assaisonnée d’amitié et agrémentée de bonne humeur. Ensuite parce que c’est bon et copieux, nous offrant de facto, un excellent rapport qualité-prix. Oui encore parce que les produits sont frais et garantis locaux et parce qu’on aime le cadre et l’ambiance urbaine cool de l’adresse. Et si vous y allez souvent, vous comprendrez pourquoi cette cantoche mérite à ce point son titre.

Cantoche, 12, rue Haxo, Marseille, 1er ; infos au 06 67 72 92 88. Déjeuner de 12-14 à 20 €, 25 € si on pousse loin le bouchon.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.