Carnet de cave

Gin Bigourdan, déguster la Camargue en mode Arles dry gin

On connaissait Arles pour sa féria et ses vestiges antiques et il faudra bientôt compter avec son gin. Le gin Bigourdan, du nom de son créateur, a été embouteillé au mois d’août dernier et le succès qui a accompagné la mise sur le marché des 400 premières bouteilles a de quoi nourrir tous les espoirs. « Je voulais créer un vrai London dry, c’est-à-dire un gin de style anglais avec un cœur classique de genièvre-citron jaune-coriandre et racine d’angélique », explique le jeune distillateur qui a voulu ancrer son spiritueux dans le sable de Camargue en lui associant du thym, de la sauge, de la sarriette et de la verveine. « La finale sur des notes épicées et chaudes de fleurs d’immortelles, de poivre vert et cardamome est très plaisante » assure Thomas.

A ce jour, une seule recette a pris place sur les étagères de la boutique-distillerie, installée à côté du museon arlaten, voisine de la place du forum. Un bel alambic en cuivre rutilant accueille le public : – J’ai pas mal d’envies pour l’avenir, dit Thomas Bigourdan qui confesse un grand intérêt pour les alcools aromatisés. J’aimerais créer des distillations sur un agrume d’hiver, une vodka notamment ».

Thomas Bigourdan s’est installé à Arles en 2018 après un séjour londonien de deux ans : « J’ai toujours travaillé dans la communication pour des entreprises cosmétiques. C’est là-bas que je me suis pris de passion pour le gin en visitant de nombreuses distilleries dont la fameuse Cotswold distillery. Et le distillateur d’établir de nombreuses analogies entre la cosmétique et la distillation des alcools et des gins : – Mon gin, je l’ai construit comme un parfum avec des notes d’attaque de corps et une finale. En fait le gin, c’est simple et compliqué en même temps. Il s’agit d’un alcool aromatisé à la baie de genièvre dans lequel on ajoute ce que l’on veut. C’est de cette absence de contraintes que naît la difficulté à élaborer un produit séduisant ».

Lorsque les mesures sanitaires le permettront, Thomas Bigourdan organisera des séances de dégustation dans le petit jardin attentant à sa boutique avec une volonté : faire vivre son gin. « Ce n’est pas un alcool prétentieux destiné à décorer une étagère. Il est destiné à l’élaboration de cocktails et à être bu ». La plus noble des ambitions.

Gin Bigourdan, 12, rue Frédéric-Mistral, 13200 Arles ; infos au 06 85 03 71 05. Bouteille 50 cl, 37 €.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.