Art de vivre

Le Grand Mezzé raconte le grand mix des régimes méditerranéens au MuCem

On connaît tous la campagne nous enjoignant à « manger cinq fruits et légumes par jour », mais aviez-vous noté que cette recommandation s’inspire du « régime crétois », aussi appelé « diète méditerranéenne » ? Ce concept, créé dans les années 1960 par l’épidémiologiste américain Ancel Keys, a été inscrit en 2010 par l’Unesco sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, favorisant ainsi sa reconnaissance et son développement planétaire.
Le « régime crétois » aussi appelé « alimentation méditerranéenne » résulte d’apports multiples au fil des siècles. Désormais, notre alimentation n’échappe pas aux modèles globalisés et se pose la question de la nécessaire réappropriation en Méditerranée de sa production comme de sa cuisine. Le MuCem présente l’exposition le Grand Mezzé qui se propose de définir et préserver une authenticité culinaire géographique et culturelle, tout en la partageant avec le plus grand nombre. Comment protéger un régime alimentaire sans l’empêcher d’évoluer ? Comment rester perméable tout en restant authentique ? Pour le savoir, l’exposition « Le grand mezzé » nous mène du champ à l’assiette, et des savoir-faire culinaires traditionnels de Méditerranée aux chaînes de restaurants mondialisées.
À la manière d’un grand repas aux mets et aux saveurs variés, « Le grand mezzé » présente une sélection de 550 objets et documents patrimoniaux en provenance de 35 musées d’Europe et de Méditerranée, ainsi que 13 projets audiovisuels et 5 œuvres inédites spécialement conçues pour ce parcours.

Le Grand Mezzé, Mucem, esplanade du J4 – rez-de-chaussée, Marseille 2e arr. ; jusqu’au 31 décembre 2023. Infos au 04 84 35 13 13. Connectez-vous au MuCem ici.

Les feuilles des vigne au mouton, un emblème des cuisines levantines

« Il n’y a pas une mais plusieurs diètes méditerranéennes »

Edouard de Laubrie, commissaire de l’exposition

Le commissaire de l’exposition, Edouard de Laubrie, revient sur le contexte de l’exposition le Grand Mezzé et nuance quelques idées qui font florès auprès du grand public. Selon lui, « les habitudes alimentaires méditerranéennes ne sont pas homogènes ; il n’y a pas une diète méditerranéenne mais des diètes méditerranéennes qui mobilisent des produits extrêmement variés, explique le commissaire d’exposition. Il faut également dépasser le point de vue nationaliste des cuisines qui est une création identitaire (cuisine grecque, libanaise, marocaine…) et déterminer des aires géographiques plus étendues. Les environnements écologiques de la zone méditerranéenne sont d’abord extrêmement diversifiés. De plus, cette aire a connu au cours de son histoire de nombreuses dominations successives qui ont chacune contribué à l’enrichissement des cultures, des aliments, des cuisines : les Grecs, les Carthaginois, les Romains, les Arabes, les Byzantins, les Ottomans, les Espagnols, les Portugais, les Anglais, les Français »… Sans oublier les religions qui ont, elles aussi, modelé les traditions alimentaires en privilégiant certains aliments et en en interdisant d’autres. Dans les pays du Sud, on mange essentiellement des produits issus de l’agriculture avec des céréales complétées par les légumineuses comme source de protéines et peu d’aliments carnés. Au contraire, « dans les pays du Nord, la ration alimentaire est fortement dotée en produits animaux, même si en Italie par exemple, la consommation de céréales, fruits et légumes est plus élevée dans le sud du pays que dans le nord. Enfin, dans les Balkans, la ration alimentaire est intermédiaire : plus riche en produits animaux par rapport au Sud, mais plus de céréales et de légumineuses par rapport au Nord ».

Le Grand Mezzé et l’exemple de la région Sud-Paca

La région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur bénéficie d’une diversité de terroirs, avec des spécialités comme le maraîchage dans les Bouches-du-Rhône, la viticulture dans le Var et le Vaucluse, la production fruitière dans la vallée de la Durance, les plantes à parfum et aromatiques en Haute-Provence et dans le pays de Grasse, et l’élevage surtout ovin dans les zones de montagne.
La région est le berceau des Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), la première ayant été créée à Aubagne en avril 2001. L’objectif d’une Amap est de préserver l’existence et la continuité des fermes de proximité dans une logique d’agriculture paysanne, socialement équitable et écologiquement saine, créant un lien direct entre producteurs et consommateurs. La région Sud – Paca est en tête en France pour la part des surfaces agricoles cultivées en bio (plus de 15 % de la surface utile). Plus de 20 % de la main-d’œuvre agricole travaille dans une ferme biologique. Les circuits courts et de proximité (points de vente collectifs, marchés, vente à la ferme, paniers type Amap) concernent plus de 160 acteurs organisant environ 350 circuits. Plus d’un tiers des exploitations agricoles commercialisent des produits en circuits courts, auprès de consommateurs surtout urbains.
Des producteurs aux consommateurs en passant par les distributeurs et les institutions territoriales, le système alimentaire se territorialise grâce à de très nombreuses initiatives, parmi lesquelles on peut citer le RéGAL, Réseau de gouvernance alimentaire locale, initié par le pays de Haute-Provence en 2009, le label « Pays Gourmand » qui rassemble 58 restaurateurs, ou encore le Parc naturel régional du Lubéron qui encourage la culture des produits de la diète méditerranéenne…

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Paris

Championnats de France de Pizza. Le ridicule ne tue pas, pour preuve, ce énième concours pompeusement qualifié de « championnat de France de la pizza ». Alors sachez que sa 18e édition sera organisée par l’Association des Pizzerias françaises et se tiendra les 13 et 14 mars sur le salon Parizza. Sur les 400 candidats qui s’étaient portés candidats, 130 d’entre-eux ont été retenus lors des étapes régionales du France Pizza Tour. Les 13 et 14 mars donc, les 130 concurrents se mesureront tout au long de 6 épreuves (pizza classique, «pizza a due», rapidité) dont certaines s’apparentent aux jeux du cirque (pizza la plus large, pizza dessert et pizza acrobatique). Les candidats des Bouches-du-Rhône sont : Kévin Vernet de Gardanne (Pizzeria Il Grano ), Jean-François Cortez des Pennes-Mirabeau (Capo Pizzeria), Guillaume Martinez d’Allauch (Pizza Lea), Lucas Palazzo d’Aix-en-Provence (Chez Ratatouille), Mathieu Boisseau de Plan de Cuques (Pizzeria da Matteo), Laurent Pavia de Marignane (Les 3 M) et Yvan Cotta de Saint-Victoret (Allô Pizza).

Marseille

► Rencontres des Cuisines africaines En 2020, à l’occasion de la Saison Africa2020, la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires (MFPCA), les Grandes Tables-I.C.I et Chefs In Africa se sont réunis pour organiser des rendez-vous culinaires et artistiques à Calais, Tours, Dijon, Clermont-Ferrand et Marseille. Les événements des Cuisines africaines ont permis de questionner et explorer les identités culinaires de tout un continent. Au cours des quatre dernières années, de nombreux projets ont été entrepris pour poursuivre cette démarche : la publication d’un numéro de la revue Papilles, intitulé Stirring the Pot, Les Cuisines Africaines, l’organisation de tables rondes, des participations à des festivals (Village international de la gastronomie, Omnivore, …) et des actions développées dans plusieurs territoires d’Afrique. En 2024, les Rencontres des Cuisines africaines rassembleront, pour une première édition, plus de 70 acteurs et actrices culinaires d’Afrique et de ses diasporas afin d’explorer les identités des cuisines africaines, célébrer leur richesse et développer des synergies communes. Au programme : des tables rondes explorant les grands enjeux des cuisines africaines, des ateliers pour découvrir et échanger, des entretiens avec des personnalités et des démonstrations culinaires autour de produits phares.
• Les Rencontres des Cuisines Africaines, les 1 et 2 mars 2024 à la Friche de la Belle de Mai à Marseille.