Magazine

Guide Michelin 2019 : la Provence mise sur ses jeunes

La grand’messe qui fait pleurer des hommes, des pères, des chefs de famille, des chefs d’entreprise s’est achevée. Michelin a distribué ses étoiles ce lundi 21 janvier à la salle Gaveau, dans le 8e arrondissement parisien. Les années où Jean-Luc Petitrenaud tenait le micro sont loin ; désormais, c’est Audrey Pulvar qui s’y colle. Plus prosaïquement, 75 restaurants ont gagné une étoile cette année dans le guide Michelin 2019 parmi lesquels 68 ont remporté leur premier macaron. Pour la région Provence, un seul mot suffit à résumer le millésime : équilibre.

guide michelin 2019

Ils perdent leur étoile
A Aix-en-Provence, Michael Féval annonçait, avec amertume, dimanche 20 janvier au soir, la perte de son étoile. Il n’est pas le seul : Le Pré du Moulin à Sérignan-du-Comtat dans le Vaucluse et la Maison-domaine de Bournissac à Noves (Bouches-du-Rhône) devront digérer la nouvelle.

Ils gagnent leur première étoile
Le millésime 2019 est marqué par « un nombre record de tables de haute volée, « sa diversité culinaire », « sa répartition harmonieuse sur l’ensemble du territoire » et « un manifeste de la jeunesse » a affirmé le directeur international des guides Michelin Gwendal Poullennec. Jérémy Scalia illustre cette orientation : cuisinier à lhôtel de Tourrel à Saint-Rémy-de-Provence, il gagne sa première étoile alors qu’il occupe pour la première fois de sa jeune carrière le poste de chef. La Mirande (Florent Pietravalle) à Avignon, l’Oustalet (Laurent Deconinck) à Gigondas, Saisons (Julien Diaz) à Marseille et la Table du Hameau (Stéphan Paroche) à Maussane-les-Alpilles, affichent ce lundi soir un grand sourire.

Mazzia, 2 étoiles comme annoncé
Comme le Grand Pastis l’avait annoncé samedi 26 janvier, Alexandre Mazzia décroche sa deuxième étoile pour son restaurant AM à Marseille. Lundi  14 janvier dernier, le guide Michelin avait téléphoné à tous les promus de cette année pour les informer qu’ils étaient invités à Paris ce lundi 21. Alexandre Mazzia faisait partie de la liste. Interrogé, ce dernier avait affirmé que personne ne l’avait invité. L’obtention de cette deuxième étoile était un secret de polichinelle, tout le monde savait…

Sans pour autant revenir sur les attributions et retraits qui ont défrayé la chronique, on retiendra de cette édition l’anecdote qui a concerné la famille Bras à Laguiole en Aveyron. Le jadis triplement étoilé Sébastien Bras, qui avait demandé en septembre 2017 son retrait du guide rouge pour regagner en « liberté » et en finir avec « la pression », est réintégré avec deux étoiles cette année, une initiative qui a suscité son « étonnement ». « C’est une décision contradictoire qui nous laisse dubitatifs », a-t-il déclaré dans un communiqué. Le guide Michelin, « n’est pas un carcan », « à aucun moment nous ne voulons vous contraindre », a répondu Gwendal Poullennec à Paris devant un parterre de chefs. Le guide Michelin qui ne contraindrait pas les chefs ? Voilà qui ajoute le burlesque au mensonge…

L’intégralité des étoilés 2019 en Provence

Bouches-du-Rhône

Marseille / 1 étoile : Une table, au Sud
Alcyone Intercontinental hôtel
l’Epuisette
Saisons

Marseille / 2 étoiles : AM-Alexande Mazzia

Marseille / 3 étoiles :
le Petit Nice-Passédat

Aix-en-Provence / 1 étoile :
Pierre Reboul
Le Saint-Estève au Tholonet
Louison-Villa La Coste, château La Coste au Puy-Sainte-Réparade

1 étoile : Dan B. la Table de Ventabren
Hôtel de Tourrel à Saint-Rémy-de-Provence
La Chassagnette au Sambuc à Arles
Fanny Rey et Jonathan Wahid – la Reine Jeanne à Saint-Rémy-de-Provence
La Table de Nans à La Ciotat
la Table du Hameau à Maussane-les-Alpilles
Aupiho, domaine de Manville aux Baux-de-Provence.

2 étoiles : La Villa Madie à Cassis
L’Atelier de Jean-Luc Rabanel à Arles
Oustau de Baumanière aux Baux-de-Provence

Alpes de Haute-Provence

1 étoile : Le Cloître au couvent des Minimes à Mane
La Bonne Etape à Château-Arnoux
La Bastide de Moustiers
Dominique Bucaille à Manosque

Alpes maritimes

1 étoile : L’Oasis à Mandelieu
Auberge Quintessence à Roubion
Le Clos Saint-Pierre au Rouret
Clovis à Tourettes-sur-Loup
Les Pêcheurs à Antibes
La Table de Patrick Raingeard à Eze-bord de mer
Les Bacchanales à Vence
Le Saint-Martin à vence
Jan à Nice
Paloma à Mougins
La Passagère à Juan-les-Pins
Alain Llorca à la Colle-sur-Loup
Restaurant des Rois à Beaulieu-sur-Mer
Les Terraillers à Biot
Le Cap à Saint-Jean-Cap Ferrat
Le Candille à Mougins
La Bastide Saint-Antoine à Grasse
Elsa à Roquebrune Cap-Martin
L’Aromate à Nice
Le Figuier Saint-Esprit à Antibes
Lou Cigalon – maison Martin à Valbonne

2 étoiles : le Chantecler à Nice
Villa Archange au Cannet
Hostellerie Jérôme à la Turbie
Flaveur à Nice
La chèvre d’or à Eze
La Palme d’or à Cannes

3 étoiles : Mauro Colagreco-Mirazur à Menton

Var

1 étoile : Le Faventia à Tourrettes
Les Oliviers à Bandol
Hôtel les Roches Rouges à Saint-Raphaël
Hostellerie Bérard à la Cadière d’Azur
Hostellerie de l’Abbaye de la Celle
L’Olivier à Saint-Tropez
Les Chênes verts à Tourtour
Le Mas du Langoustier sur l’île de Porquerolles
La Rastègue à Bormes-les-Mimosas
Le Relais des Moines aux Arcs
Le jardin de Benjamin à Lorgues
Le Castellaras à Fayence
Le Belrose à Gassin
Bruno à Lorgues
La Voile à Ramatuelle
Hostellerie des Gorges de Pennafort
La Palmeraie à la Croix Valmer

3 étoiles : La Vague d’Or à Saint-Tropez
Christophe Bacquié au Grand Hôtel du Castellet

Vaucluse

1 étoile : Xavier Mathieu-le Phébus à Joucas
La Mirande à Avignon
l’Oustalet à Gigondas
Les Bories à Gordes
Pèir restaurant de la Bastide de Gordes à Gordes
Christian Etienne à Avignon
Auberge La Fenière à Cadenet
Le Champ des Lunes
Le Vivier à l’Isle-sur-la Sorgue
Maison Prévôt à Cavaillon
La Petite maison à Cucuron
Le Bistrot de Lagarde d’Apt
La Closerie à Ansouis

2 étoiles : La Bastide de Capelongue à Bonnieux

 

Beau coup de com’, Michaël Féval perd son étoile…

Comment négocier au mieux la perte de son étoile ? En l’annonçant soi même ! Dimanche soir, le chef aixois Michaël Féval s’est fendu d’un petit texte sur son compte Facebook. En voici le contenu : « Suppression de l’étoile ! Hier soir 19h30, appel masqué du guide : votre étoile ne sera pas reconduite… Stupéfaction absolue !
Cette étoile, nous l’avions rêvée et obtenue en 2017, un an après l’ouverture, alors que nous étions seulement 2 en cuisine et 2 en salle. Nous l’avons reçue comme une chance incroyable, qui nous a poussé à travailler sans relâche pour être à la hauteur de cette belle reconnaissance. Aujourd’hui, nous sommes 7 à toujours nous renouveler et nous investir pour faire un peu mieux chaque jour.
Inutile de dire que nous ne comprenons pas cette décision tellement discordante avec le travail fourni, notre implication, notre motivation, notre passion et surtout les retours quotidiens de nos clients ! Mais nous devons l’accepter, puisque de toute façon nous n’avons pas le choix… Nous attendrons le commentaire écrit dans le guide 2019 et d’éventuelles explications de la part du guide. En attendant, nos pensées vont à nos équipes, qui fournissent un travail exceptionnel, aux clients et aux fournisseurs qui nous font confiance chaque jour depuis 3 ans et demi. Ce qui ne tue pas rend plus fort, n’est ce pas ?

Olivia & Mickael ».
En coupant l’herbe sous les pieds du guide, le couple Féval prend l’initiative de l’annonce en soulignant les incohérences supposées de Michelin déclenchant une salve de commentaires enthousiastes. Bien joué mais il faut une fois encore rappeler que seul compte le cahier de réservations et qu’il vaut mieux afficher complet qu’avoir une étoile et une comptabilité dans le rouge.

Ajouter un commentaire…

Click here to post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Abonnez-vous à notre newsletter

Suis-nous sur les réseaux

Vite lu

Le Val labellisé. Avec l’aide du conservatoire méditerranéen, le maire de la commune du Val dans le Var, Jérémy Guiliano, vient de lancer un programme de préservation du Boussarlu, une variété endémique d’oliviers menacée de disparition. Pour un montant de 4 000 €, en plus de fonds européens, le maire veut reconnecter sa population avec ses oliviers et relancer toute une filière. Et pour commencer, le Val vient d’être labellisé « commune oléicole de France ».

(Encore) un nouveau directeur aux Roches Blanches. Comme chaque année, l’hôtel restaurant cassidain présente son nouveau directeur. Il s’agit d’Emmanuel Blanchemanche qui a quitté la direction du domaine de Verchant, près de Montpellier, pour Cassis. « Je suis très heureux de me lancer dans ce nouveau projet de vie, de  surcroît dans cet environnement exceptionnel. Pouvoir écrire un nouveau chapitre pour ce lieu mythique est un privilège et j’ai suivi les conseils de Winston Churchill, qui a résidé aux Roches Blanches : pour s’améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent ». Il n’est pas sûr que dans l’hôtellerie et la restauration ces changements perpétuels soient très rassurants pour les clients.

Sébastien Sanjou au château Mentone. Le chef varois rejoint pour l’été le domaine viticole de Mentone et y ouvre « la Table de Mentone ». Dès les beaux jours arrivés, la table est dressée en extérieur, face au vignoble et aux forêts qui le bordent. La ferme-auberge promet de conjuguer convivialité et partage avec des menus d’esprit provençal composés avec les légumes et herbes fraîches du potager, les fruits des vergers, olives de l’oliveraie du domaine et les œufs du poulailler. Viandes et volailles, fromages et charcuteries sont, eux, issus de producteurs locaux. Les vins de la propriété, classés Côtes de Provence bio, accompagnent les menus. En mai et juin, ouverture du mercredi au dimanche au déjeuner et du mercredi au samedi au dîner.
Château Mentone, 401, chemin de Mentone, 83510 Saint-Antonin du Var ; infos au 04 94 04 42 00.