Art de vivre

La Royère, un musée entre vignes et oliviers

On connaissait les ruines du château d’Oppède, la voie domitienne longeant le Calavon et les concerts de musique classique au soleil couchant d’été sur le village star du Luberon. A l’avenir, on viendra à Oppède pour visiter son tout jeune musée de l’Huile d’Olive, inauguré voilà deux ans, au sein même du domaine de la Royère. Le musée a été inauguré en 2019 concomitamment avec le lancement de la première production d’huile d’olive du domaine. « C’est un petit musée mais très concentré sur 300 mètres carrés ; il réunit des pièces intéressantes pour certaines, majeures pour d’autres » prévient Christian Parmelee qui se transforme, une heure durant, en guide passionné. Parmi les fiertés du musée, ce moulin de Monticello, rapatrié du village éponyme en Corse où il était abandonné depuis 70 ans et une énorme presse marocaine à poutre, provenant des montagnes de Fès au Maroc : – Un troublant témoignage de la façon de faire dans l’Antiquité », témoigne Parmelee.
Contrastant avec ces outils et techniques vieux de 2000 ans, des écrans multimédia, des audioguides à QR codes et un film, en fin de parcours, plongent les visiteurs dans un univers immersif, vantant les vertus du régime crétois.

Ce musée est le dernier « bébé » voulu par Jean-Pierre Hugues, architecte de renom qui, à 69 ans, est venu poursuivre le grand oeuvre entamé par ses arrière-arrière grands-parents , dans ce même domaine, avec la viticulture. « Après une mise entre parenthèse durant plusieurs années, la Royère a relancé la production de raisin en 1988 alors que naissait l’AOP luberon. En 1995, nous y avons adjoint la production d’eau de vie dans un bel alambic en cuivre » relate Christian Parmelee. Aujourd’hui, sur les 33 hectares de vignes de la propriété, on produit des vins en 3 couleurs, des AOP luberon, des IGP vaucluse et IGP méditerranée mettant en scène syrah, grenache, viognier, roussanne et autres mourvèdre et carignan. « Et puis il y a aussi notre muscat, rosé sec et notre blanc doux dont nous sommes très fiers », sourit le guide.

Première pression à froid
En novembre prochain, débutera le ramassage des olives, principalement de la verdale de Carpentras avec quelques pieds d’aglandau et de la picholine, couvrant 7 hectares en tout… « C’est la quatrième année que nous produisons une huile d’olive première pression à froid dans le goût de ce qu’aiment nos clients, des huiles vertes aux délicates notes d’herbe coupée » poursuit notre hôte qui revendique des traitements sans intrants, les plus naturels possible, à l’instar de l’argile, efficace contre la mouche qui pique les fruits. Le ramassage se fait au peigne, avec de grands filets étendus au sol avec 500 kilos de rendement par jour. « Nous proposons une gamme d’huiles d’olive de 19 à 31 € le litre et une production, plus confidentielle d’huile infusée au romarin frais à 36 € le litre » détaille Christian Parmelee.

« Je suis convaincu que le changement climatique est amorcé. Nous venons de connaître deux années avec une récolte de raisins divisée par deux. Viticulteurs, nous sommes aussi oléiculteurs, en espérant que chaque année au moins une des deux productions ne serait pas affectée par les phénomènes climatiques extrêmes, confie Jean-Paul Hugues. J’ai voulu, au sein du musée de La Royère, insister sur son dernier chapitre qui réunit l’huile d’olive et le vin dans ce que l’on appelle le régime crétois. On ne le répétera jamais assez mais la France est le pays du monde où l’on meurt le moins de maladies cardiovasculaires, surtout dans le sud et dans toutes les régions viticoles ». Comme un acte de foi.

Domain de La Royère, 375, route de la Sénancole, 84580 Oppède ; infos au 04 90 76 87 76. Entrée musée : 4,50€ ( gratuit moins de 16 ans, audioguide gratuit). Dégustation gratuite d’huile, miel, vins et spiritueux. Groupe (dès 8 personnes) de 4,50 € à 12 €.

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Vite lu

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☻ Bacalhau ! Le grand Marché du Portugal adopte les couleurs du Portugal : sélection de vins et spiritueux portugais, les fameuses pasteis de nata, les céramiques typiques et produits d’épiceries fines. Les cheffes Rosario Pinheiro et Jenifer Abrantes mettent à l’honneur la morue en plusieurs déclinaisons, Romain Chartrain (de Azul concept store) proposera des grands classiques de la cuisine portugaise, et Sonia Isidro servira une assiette végétarienne.
• Lundi 4 juillet de 16h à 22 heures à la Friche Belle-de-Mai
­☻ Le lendemain, 5 juillet, participez au grand dîner-barbecue pour 450 personnes ! 80 tables partagées et une vingtaine de barbecues géants seront montés pour cette soirée sur le toit-terrasse de la Friche. Gigantesque. La carte sera élaborée par Rosario Pinheiro, Jenifer Abrantes, Sonia Isidro, Sergio Vaz, Romain Chartrain (de Azul concept store) et Julien Reynouard pour la carte des vins. Le menu sera composé d’une salada de bacalhau com grão de bico, Chips de pele de bacalhau, salada de pimento assado, Pão com chouriço, Frango Assado com piri piri, Arroz Doce, Pudim et Línguas de bacalhau.
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Dégustation et vente à la Distillerie de Camargue, 12, rue Frédéric-Mistral à Arles. Infos au 06 85 03 71 05.

Street Food festival, le bilan. Le SFF a fait le plein de festivaliers, de bons produits et de bonnes ondes sur l’esplanade de la Major, le week-end des 17, 18 et 19 juin à Marseille.  25 000 personnes sont venues goûter au meilleur des spécialités locales proposées par quelque 50 issus des quatre coins du département : 32 propositions culinaires sucrées ou salées, sourcées avec soin parmi les producteurs  locaux, 8 domaines viticoles, 7 brasseurs, 2 torréfacteurs. Le chef Pierre Reboul était également présent pour un cooking-show des plus étonnants et fidèle à son image, avec une cuisine singulière, énergique et généreuse.

Mazzia au 50 Best Les organisateurs du World’s 50 best restaurants ont annoncé ce 14 juin l’entrée du chef marseillais Alexandre Mazzia dans le fameux classement des 50 Best. C’est lors d’un repas servi ches Heston Blumenthal à Londres qu’AM a reçu le One to watch award, à savoir le trophée de « l’établissement à suivre ». Ces Oscars de la gastronomie sont décernés tous les ans par la revue britannique Restaurant qui a l’humilité de récompenser les meilleures tables du monde.