Art de vivre

Le Refugee food festival 2020 se tiendra en octobre, malgré tout

La 5e édition du Refugee food festival 2020 se tiendra au mois d’octobre prochain à Marseille et 8 autres villes de France. Ce festival gourmand et solidaire s’est fixé pour objectifs de faire évoluer les regards et mentalités sur les réfugiés, permettre l’insertion professionnelle de ces derniers dans le secteur de l’hôtellerie-restauration et rassembler des publics différents autour d’une même table. Les années passent mais la mécanique demeure : du 14 au 18 octobre prochain, 5 restaurants marseillais partageront leurs fourneaux avec 5 cuisiniers réfugiés et créeront ensemble des menus inédits. Le temps d’un service, la carte de ces restaurants s’enrichira de plats afghans, turcs, éthiopiens ou encore soudanais : cartes blanches ou menus à quatre mains avec des chefs de renom, chaque collaboration sera l’occasion de découvrir de nouvelles saveurs et adresses engagées, où il fait bon manger.

“Ce projet a eu un écho immédiat chez nous car la cuisine et notre patrimoine culinaire sont notre bagage culturel commun qui relie les Hommes entre eux. Ce Refugee food festival 2020 crée des moments de partage et d’échange”

Ariel Lorin, le Café Borély, Marseille 8e

“Pour nous, l’heure est à l’optimisme, si jamais les restrictions sanitaires et la fermeture des restaurants perdurent, on fera de l’emporté”, explique Iris Liberty en charge du projet marseillais, avec sa comparse Elsa Merchadier. Chaque restaurant prend en charge ses propres réservations avec une jauge d’accueil variable au gré des possibilités de chaque établissement. Si le festival couvrait plusieurs pays les années précédentes, l’édition 2020 ne se déroulera qu’en France du fait des difficultés d’organisation et coordination transfrontalières : – Au-delà du simple repas et de l’empathie qu’il suscite envers les cuisiniers réfugiés, nous insisterons cette année sur l’importance des apports que nous offrent les réfugiés, dit Iris Liberty. Nous ne posons pas sur eux un regard misérabiliste et ne leur demandons pas non plus de raconter leur histoire et leurs parcours de vie très compliqués”.

Depuis 2016, près de 300 cuisiniers réfugiés de 49 nationalités ont participé au Refugee food festival permettant à 45 000 Français de découvrir leurs talents. Selon une étude datée de 2018, 59% des cuisiniers participants ont eu accès à au moins une opportunité professionnelle grâce au festival, et 91% des participants aux repas ont déclaré que le RFF a suscité en eux un désir d’engagement pour la cause des personnes réfugiées.
Au-delà du festival, le projet a permis à de nombreux cuisiniers de lancer leur propre restaurant ou activité traiteur, à l’image de Magda Gegenava (Chez Magda) à Paris, de Fadi Mahmoud (Ananda Délice) à Lomme, de Hussam Khodary (Restaurant Damasquino) à Strasbourg, Bassem Ataya (Attaya Traiteur) à Lille, et Nabil Attard (Närenj) à Orléans, distingué par la critique et membre du Collège Culinaire de France.

“La maîtrise du français est souvent un obstacle, note Iris Liberty qui assure beaucoup travailler avec la mairie afin de mettre sur pied un service traiteur faisant travailler des réfugiés, pour programmer des interventions dans les cantines scolaires et, pourquoi pas ?, un restauration d’application qui serait à la fois un lieu de formation et d’exercice… Nous sommes aussi en quête de subventions privées et de mécénat”, glisse Iris Liberty. Si ça marche à Paris, pourquoi pas à Marseille ?

Le Refugee food festival 2020 en 5 dates

Mercredi 14 octobre

A la cité de l’Agriculture (37, boulevard National, 1er), projection et présentation d’un documentaire réalisé par l’association SOS Méditerranée en préambule du repas. Dîner turc à 4 mains avec Hakan. Infos et résas au 04 28 70 97 70.

Jeudi 15 octobre

Au café Borély (château Borély, pavillon Est, 134, avenue Clot Bey, 8e arr.), déjeuner sur le thème de la cuisine afghane avec Suleyman ; infos et résas au 04 91 22 46 87.

Vendredi 16 octobre

Au restaurant Les Trois Coups (44, rue Saint-Suffren, 6e arr.), dîner en mode tapas sur le thème de la cuisine éthiopienne avec Belan ; infos et résas au 04 82 29 42 46.

Samedi 17 octobre

Chez Dalloyau aux Terrasses du port (2e étage, place de la Joliette, 2e arr.), dîner en mode tapas sur le thème de la cuisine soudanaise avec Tibn ; infos et résas au 04 91 45 75 11.

Dimanche 18 octobre

Chez Ginkgo (3, avenue Frédéric-le Play, 9e arr.), déjeuner à 4 mains et ateliers de cuisine éthiopienne avec Tina ; infos et résas au 06 27 46 82 50.

Photos Priscilla Davigny

Numa Muller chez Madame Jeanne Longtemps annoncée et attendue, l'arrivée de Numa Muller chez Madame Jeanne, le restaurant de la Maison Buon, rue Grignan (6e arr) est officielle. Le chef a pris possession de la cuisine et propose pêle-mêle une tête de thon de ligne, un loup-concombre compressé et abricot fermenté-lait ribot et chips de riz-seiche, un thon et abricot au sel-herbes et fleurs du littoral et huile de feuilles de figuier eau de concombre. A suivre, 86, rue Grignan, Marseille 1er ; infos au 04 86 26 54 16.

Elie Kalamouka n'est plus Son nom restera indéfectiblement attaché au Mas, restaurant de la rue Lulli (1er) qu'il avait cofondé avec Robert Lenoir. Elie Kalamouka s'est éteint vendredi à 87 ans non sans susciter une vive émotion chez tous ceux qui avaient pris l'habitude de dîner chez lui. Le Mas était l'une des rares tables ouvertes toute la nuit, attirant noctambules et artistes qui, en fin de spectacle, venaient s'y détendre. Il était paar ailleurs administrateur du festival Jazz des Cinq Continents. La crise sanitaire a été fatale au Mas qui a été placé en liquidation judiciaire. Ce décès tourne définitivement la page des années 1980 à Marseille...

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