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Les halles de Toulon, un banquet de 1000 m2 en centre-ville

Halles de Toulon

Les jours se suivent et se ressemblent dans le centre-ville de Toulon, le cœur des halles municipales Esther-Poggio battant au rythme de vie de ses habitants. Le matin, on vient y faire ses courses, boire un Café Toulonnais, chercher son pain à l’Atelier Original et ses huîtres, oursins et crevettes au Coin de l’Ecailler… Mais dès qu’approche la mi-journée, l’ambiance monte d’un cran, nourrie par le flot de touristes, vacanciers et travailleurs voisins qui viennent y manger. Le vaste espace de 1000 mètres carrés se transforme en self où chacun choisit son corner et son menu en conséquence.

Premier boulot : trouver sa table, tirer la chaise et demander à un ou une volontaire de garder la place. Ensuite, on a l’embarras du choix. Objectif n°1 courir chez le caviste (le Canon) pour trinquer d’un blanc dom. Chante bise cuvée Origine (vin nature IGP Vaucluse) qui accompagnera la focaccia au romarin et fleur de sel estampillée Oggi Pizz. Toujours chez les mêmes, qui se revendiquent spécialistes de la pizza al taglio (pizza à la coupe), on se régale en réalité d’un hybride entre la pizza ultra alvéolée et la focaccia garnie. Peu importe le nom, c’est savoureux et ultra copieux : la jambon cuit, pignons, artichauts et tomates confites surmontée d’une burrata fondante au four est un must.

Les copains poissonniers de la Rascasse servent des brochettes de thon rouge cuites à la perfection mais on retiendra d’eux, ce poulpe simplement grillé pas huileux pour deux sous qu’on trempera dans une rouille maison parfaite. La file d’attente pour les pâtes fraîches de Molinari (ravioli à emporter ou sur place) s’allonge : c’est bon signe. On y vient aussi pour le tiramisu servi à la louche et la somptueuse tarte au citron meringuée, elle aussi présentée dans de grandes gamelles, dont on aimerait qu’une seule fût réservée pour nous.

halles de toulon

Alors faut-il aller aux halles de Toulon pour y faire ses courses et manger ? Oui car les halles de Toulon sont légitimes, aménagées dans un bâtiment historique conçu pour ça. Oui car l’ambiance est très cool assaisonnée de bonne humeur. Oui parce que les « nordistes » promenant leur air blasé (tote bags de la fondation Carmignac ou de la fondation Luma à l’épaule) n’ont pas encore totalement perverti l’âme sincère de l’adresse. Oui car on y mange bien pour un étonnant rapport qualité-prix : de 20 à 25 €, c’est réjouissant. Oui enfin parce qu’en partant, on ira à la rôtisserie Black poule dont on raffole des jambonneaux et porcelets à la broche…

Les Halles de Toulon, 28, place Vincent-Raspail à Toulon ; infos au 04 22 14 65 79. Fermé lundi ; du mardi au mercredi : 8h30-15h et 17h-20h30, du jeudi au samedi : 8h30-22h30 ; dimanche : 8h30-16h.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.