Marseille Restaurants en Provence

Maison Vauban, époque 2, quand le bistrot devient resto cool

maison vauban

Au mois de décembre 2020, Elise et Laurent Guillaume fêteront leur première année au comptoir de la Maison Vauban. En s’installant sur les hauteurs de la colline de Notre-Dame, le couple n’a pas brusqué l’adresse et l’a fait évoluer par quelques micro-touches. L’ambiance radioMeuh demeure et l’esprit bar de quartier s’est quelque peu effacé au profit de celui d’un bistrot-neo resto cool. A l’heure du déjeuner, des copines ont réservé leur table, deux potes ont demandé une bière en guise d’apéritif et l’ardoise circule en salle.
Une bavette limousine-pleurotes et jus de poule-purée maison, une milanaise de volaille basquaise de mini-poivrons et galette de riz prouvent bien que les nouveaux propriétaires ont tourné la page du snacking chic pour un style beaucoup plus académique. Les inspirations « voyage autour du monde » surgissent au fil des suggestions avec un curry de saumon au lait de coco-carottes chantenay et brocoletti. Côté desserts, le mi-cuit chocolat affirme son accent US mâtiné de beurre de cacahuères et la crème brûlée ses inclinations japonaises, travaillée au thé matcha.

maison vauban

Les pasta meze aux gambas-jus de crustacés-truffes et fines herbes sont nappées d’une sauce crémée bien épaisse. On trempe son pain à la croûte croustillante dedans, quitte à s’en lécher les doigts sans aucune gêne. Le bol est opulent et généreux, assaisonné avec beaucoup d’équilibre. Il y a beaucoup de générosité dans les quantités, le plat se suffisant à lui même en guise de plat unique. Le mi-cuit chocolat fait l’unanimité sur toutes les tables alentour confirmant sa réputation de dessert signature de la maison Vauban.
Alors faut-il y aller ? Oui car les nouveaux propriétaires ont tout misé sur le rapport qualité-prix et, au fil des mois, ça commence à se savoir. Oui parce qu’on trouve de tout à la Maison Vauban, des gens qui s’aiment, bossent ou s’amusent. Et si c’était ça, l’indice permettant de déceler une bonne maison ? Un endroit où on vient avec l’assurance d’y passer un bon moment, un lieu qui satisfait tous les espoirs.

Maison Vauban, 109, bd Vauban, Marseille 6e arr. ; infos au 09 54 52 82 19. Midi 24 €. Soirées en fin de semaine, formules tapas, DJ, vins bio et cocktails. 

Ajouter un commentaire…

Click here to post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

pub jeudi

Suis-nous sur les réseaux

Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.