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P. Guintrand, la conserverie de Carpentras qui met la Provence en boîte

Guintrand
Pour la cuisson des fruits, les bassines de cuivre sont indispensables car elles diffusent la chaleur uniformément

Beaucoup ont rêvé de mettre Paris en bouteille… Peu y sont arrivés. Mais les conserves Guintrand ont réussi à mettre toute la Provence dans une conserve. Une magie qui a débuté voilà plus de 122 ans dans le petit village de Caromb, au sein même du Vaucluse agricole. Connu pour sa figue longue noire, le village a été le berceau de cette entreprise familiale qui s’est installée douze ans plus tard, à Carpentras, au plus près des producteurs, marchés et revendeurs. Acheter des fruits et légumes locaux a toujours été la priorité des priorités de cette famille : – Avant d’être une mode, c’est une évidence, prévient Yves Reynier, actuel p.d.-g. de la conserverie P. Guintrand. On achète les fruits et légumes de Provence car on réduit les frais de transport et  on travaille des produits ramassés à pleine maturité, donc meilleurs », insiste le dirigeant.

Le bio lancé il y a plus de 20 ans
En juillet dernier, l’entreprise Guintrand a été labellisée « Entreprise du patrimoine vivant », après 4 années de démarches. Une reconnaissance certes historique, mais qui cautionne les choix qualitatifs des quatre générations qui se sont succédé aux commandes de cette PME, dont l’effectif oscille d’une dizaine d’employés en saison creuse, à « une trentaine, en pleine saison » souffle Yves Reynier. Pour tenir tête aux produits d’importation forcément moins « chers », la conserverie s’approvisionne dans le Vaucluse jusqu’aux frontières de la Drôme et des Bouches-du-Rhône. Il y a 20 ans, elle a lancé une gamme bio « pour répondre aux demandes de nos clients. Aujourd’hui, l’abricot et les poires connaissent un fort développement. On a aussi lancé récemment la tomate bio et nous avons de grands espoirs pour ce produit » commente, Jean-Witold Damiron, en charge du développement commercial de la marque.

Guintrand
Les conserves garnies puis scellées sont finalement pasteurisées avant d’être étiquetées.

L’essor des recettes P. Guintrand
Comptant une grosse centaine de références conditionnées en bocaux ou boîtes métal, les conserves Guintrand sont très largement diffusées auprès des artisans de l’industrie agro-alimentaire, des glaciers, confituriers, des traiteurs et charcutiers par exemple. Une nouvelle gamme à la marque Yves Reynier lancée voilà peu, est partie à l’assaut des linéaires des épiceries fines. « Nous sommes nés au coeur même d’une région agricole et nous nous y sommes développés, relate Yves Reynier. Je vois l’avenir comme le passé, c’est-à-dire que nous continuerons à travailler des produits locaux et sains mais nous continuerons à concevoir des recettes originales à l’instar de l’épeautre de Sault que nous proposons en trois recettes : l’épeautre au pistou, à l’olive de Nyons et à la provençale » énumère le p.d.-g. non sans gourmandise. « Chaque jour nous amène de nouvelles techniques de conservation ou de préparation, nous sommes ouverts à tout et surtout à l’innovation »

Conserves Guintrand, en grandes surfaces et épiceries fines.

Photos Olesia Misty et DR

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.