Restaurants en Provence

Le Piment thaï, une once d’exotisme au coin des assiettes rondes

Piment thaïPeut-être avez-vous projeté de partir en vacances en Thaïlande ? Si le pays est réputé pour l’abondance des fruits, légumes, viandes et poissons qui s’y cuisinent, il l’est aussi pour l’excellent usage des épices qu’on y fait. Voilà pourquoi l’idée de baptiser ce restaurant Piment thaï semble toute naturelle. Ce qui est moins naturel, c’est son adresse, cours Lieutaud, à la jonction du boulevard Garibaldi ; drôle d’endroit pour une rencontre dans un quartier autoroutier où l’on vient peu se balader.
Poussez la porte de cet estaminet comptant pas plus d’une douzaine de places assises. Au déjeuner, ce sont les gens du quartier, des ouvriers, maçons, des étudiants, quelques mamies aussi qui y mangent. Le soir, ce sont des jeunes d’abord attirés par le rapport qualité-prix, ensuite par la qualité des assiettes, quelques quadras et quincas en manque d’exotisme. La carte n’a rien de folklorique, c’est une inspiration populaire et familiale qui dicte les gestes de la cuisinière très occupée car les commandes à livrer s’ajoutent à celles de la salle.

Frénésie et harmonie
De soupes (aux fruits de mer et champignons de paille, de légumes et crevettes) en salades (de boeuf, de papaye, de haché de poulet à la citronnelle), l’appétit s’aiguise jusqu’à la daurade frite sauce tamarin et gingembre ou les pâtes aux crevettes. Au Piment thaï, le canard aux pommes de terre se nappe de lait de coco-curry jaune et riz parfumé au jasmin. A la mi-journée, les conversations s’animent, on parle fort, on regarde avec amusement toute cette agitation qui trouve son échos dehors ; la frénésie ambiante contraste avec la sérénité des assiettes et les subtils équilibres épicés. La Yam mamuang, une salade de mangue aux crevettes, est tout juste relevée, délicate et sucrée par le fruit. Le poulet au lait de coco-curry vert donne lui aussi dans la mesure : c’est puissant et affirmé mais ça n’emporte jamais la bouche, le riz au jasmin se nourrit du lait de coco dans une harmonie toute délicate.
Alors faut-il y aller ? Oui si vous arrivez les poches vides en fin de mois. Oui si vous aimez les épices et le très savoureux exemple de juste mesure qui nous est offert ici. Oui, enfin, pour tous ceux qui, à défaut de voyager, veulent au moins changer un peu de registre ; le Piment thaï n’est pas grandiloquent mais il est séduisant et invite au retour…

Le Piment thaï, 4, cours Lieutaud, Marseille 1er arr. Infos au 04 91 31 17 01.
Menu déjeuner, 13 € ; formules 19, 21 et 45 € (pour 2 personnes).

Numa Muller chez Madame Jeanne Longtemps annoncée et attendue, l'arrivée de Numa Muller chez Madame Jeanne, le restaurant de la Maison Buon, rue Grignan (6e arr) est officielle. Le chef a pris possession de la cuisine et propose pêle-mêle une tête de thon de ligne, un loup-concombre compressé et abricot fermenté-lait ribot et chips de riz-seiche, un thon et abricot au sel-herbes et fleurs du littoral et huile de feuilles de figuier eau de concombre. A suivre, 86, rue Grignan, Marseille 1er ; infos au 04 86 26 54 16.

Elie Kalamouka n'est plus Son nom restera indéfectiblement attaché au Mas, restaurant de la rue Lulli (1er) qu'il avait cofondé avec Robert Lenoir. Elie Kalamouka s'est éteint vendredi à 87 ans non sans susciter une vive émotion chez tous ceux qui avaient pris l'habitude de dîner chez lui. Le Mas était l'une des rares tables ouvertes toute la nuit, attirant noctambules et artistes qui, en fin de spectacle, venaient s'y détendre. Il était paar ailleurs administrateur du festival Jazz des Cinq Continents. La crise sanitaire a été fatale au Mas qui a été placé en liquidation judiciaire. Ce décès tourne définitivement la page des années 1980 à Marseille...

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