Restaurants en Provence Var

La Truffe à Aups, la cuisine heureuse de Sebastian et Nadine Gaillard

Sebastian et Nadine Gaillard

2012-2022, dix années se sont écoulées depuis que Sebastian et Nadine Gaillard ont installé leur restaurant dans ce qui fut, plusieurs décennies durant, l’une des plus grosses boulangeries d’Aups. Dix années se sont écoulées pour bâtir une réputation, celle d’un chef  au travail sérieux, doublé d’un homme chaleureux, bourré d’humour avec un rare sens de la dérision. Dix années se sont écoulées pour faire de la Truffe une ambassade de la tuber melanosporum et de ses déclinaisons variétales, un restaurant devenu référent dans le Haut-Var. 
Comme toujours en pareil cas, derrière le chef, il faut aller chercher la femme. A l’image de l’homme de sa vie, Nadine, déborde de créativité et d’enthousiasme. Ne voulant pas rester dans l’ombre de son mari aux origines argentines, la paraguayenne de naissance s’est lancée avec bonheur dans la pâtisserie. A force de ténacité et de curiosité, l’autodidacte a acquis de solides bases qui lui permettent désormais de jouer sa partition, très peu sucrée, à égalité avec l’univers salé de Sebastian.

Loin de vouloir nous conduire sur les chemins de la cuisine sud-américaine, Sebastian et Nadine Gaillard se sont pris de passion pour la gastronomie de tradition française et la truffe, qu’ils mâtinent de leurs influences et de leur chaleur toute latine. Il en résulte une carte délicate, une succession de jeux de textures et saveurs marqués de quelques grands moments. D’un dîner d’été, on gardera en tête quelques fulgurances, à l’instar de cette patate douce-œuf et truffes, doublées d’un sens évident dela mise en scène avec un jeu de fumaisons épatant. La pluma ibérique-riz sauvage et brede mafane (un cresson latino-americain) ou l’exceptionnel bœuf en croûte d’épices-petits pois et espuma de foie gras donnent le vertige.
Jamais en reste d’un bon conseil, Nadine propose d’accompagner, avec beaucoup d’à propos, tous les plats des vins du domaine de Valcolombe à Villecroze. Des accords parfaits, une harmonie totale, de la cuisine ouverte sur salle jusqu’aux convives conscients de leur chance.

Sebastian et Nadine Gaillard

« Je vais cherches mes fruits et légumes chez  Campagne Lulounette, c’est un jeune couple de maraîchers bio à Aups, tout comme mes viandes maturées à la boucherie Hugues au village, dit Sebastian jamais en reste pour partager ses adresses. L’huile d’olive vient du moulin Gervasoni tout proche et mes fromages de brebis de la ferme du Jas de Vignal. La truffe du Haut-Var et le safran me sont fournis par Fabien Daini », poursuit-il, faisant son traditionnel tour de salle. Pendant ce temps, Nadine donne à déguster une parfaite tête de moine garnie de truffe et caviar, préambule idéal à son entremets de vanille (pompona de Madagascar) caramel et truffe tout en arôme et légèreté.

Alors faut-il réserver son couvert à la Truffe chez Sebastian et Nadine Gaillard ? Oui si vous aimez la truffe et le caviar car le chef (et sa pâtissière) les travaillent avec minutie. Oui si vous cherchez les bons rapports qualité-prix car ce restaurant est imbattable sur ce critère. Oui pour le caractère généreux et amical de cette famille qui donne à choisir entre des repas en 2, 3, 4 services, végétariens ou pas. Oui enfin parce que les restaurants qui respirent le bonheur ne sont pas si fréquents.

Restaurant La Truffe… y algo más ! 10, rue du Maréchal Foch, 83630 Aups ; infos au 04 94 67 02 41. Formules 35, 42 et 50 €. Menus truffe ou caviar, 60, 70, 80 €.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.