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Savim d’automne 2020, ce sera le drive sinon rien

Savim d'automne 2020
Une image qui appartient au passé, quand le public se pressait dans les allées. Cette année, on ne quittera pas sa voiture

Mi-figue et mi-raisin, cette édition automnale du salon des vins et de la gastronomie aura le goût du trop peu ou du pas assez. Oubliés les cinq journées dans les halls 1 et 2 du parc Chanot, le Savim d’automne 2020 s’envisagera en mode drive les 5 et 6 décembre de 9 heures à 17 heures. Explications.

Nous avons eu plusieurs réunions par visioconférence avec le préfet et les cadres du parc Chanot pour mener des discussions très techniques, explique Philippe Colonna. Je dois reconnaître que le préfet nous a agréablement surpris par son écoute et son ouverture au dialogue. Il nous a affirmé être conscient de l’impact du Savim dans le paysage économique et son importance de premier plan pour les petits producteurs” poursuit le créateur du salon. Des entretiens, il ressort que le protocole sanitaire que Philippe Colonna et son fils, Florent, avaient mis sur pied conjointement avec les exploitants du parc Chanot ne rendait pas possible la tenue d’un Savim d’automne 2020 en novembre ou en décembre. La préfecture a donc cherché à couper la poire en deux en donnant son feu vert pour une solution drive.

“Nous allons regrouper les exposants et leurs marchandises dans le hall 3, prévient Colonna. Il est clair qu’on demandera à ces derniers une participation pour l’organisation mais en aucun cas nous ne maintiendrons les tarifs initiaux pour 5 jours de salon classique”. Il n’empêche, cette solution n’empêchera pas la casse : sur les quelque 430 exposants inscrits au Savim d’automne 2020, seuls 100 d’entre eux devraient participer à ce drive sur deux jours. En cause : l’impréparation de ces artisans aux nouvelles formes du commerce. En effet, peu d’entre eux ont pensé, les années précédents à se constituer un fichier comptant les noms, adresse, mail et téléphone de leurs clients. Sans fichier, comment contacter ses clients, leur envoyer un catalogue, des tarifs, prendre leurs commandes ? “Sans fichier clients, sans site internet, il est impossible à plein de producteurs et d’éleveurs de venir, regrette un familier du salon. Ceux qui venaient faire du simple commerce ne sont plus à la hauteur de la situation ; c’est un travail de fond qu’il fallait mener depuis des années”.

“J’élève  mes bêtes 18 heures par jour”
Philippe Colonna, lui, ne cache pas sa tristesse : “La vie ne sera plus jamais la même et je crois que nous devrons toujours nous préparer au pire. Je crois qu’on ne peut plus travailler seuls et qu’il faut constituer des équipes, partager, croiser des fichiers clients par exemple, mutualiser les dépenses… Il va falloir échafauder de nouvelles stratégies et de nouvelles solutions”. Un exposant contacté par téléphone ce 5 novembre au matin, ne cache pas son désarroi : – Je suis bien conscient que Facebook et Instagram sont les armes des petits qui peuvent contacter une communauté de plusieurs milliers de gens mais il faut du temps pour ça ! Moi, je passe 18 heures par jour avec mes bêtes pas sur un clavier”.

A cette heure, on sait que le drive se tiendra les 5 et 6 décembre et Philippe Colonna note combien cette opération sera lourde à gérer : – Les clients vont commander leurs produits en amont aux exposants qui prépareront les colis. Ensuite, il nous faudra gérer un flux de voitures qui viendront toutes chercher en même temps leurs commandes, on n’a jamais fait ça, c’est une première”. Le changement d’époque tant annoncé serait-il arrivé ? Le Savim d’automne 2020, lui, se vivra au volant…

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