Marseille Restaurants en Provence

Le Culti by Matière Brut, l’été en terrasse a débuté

Culti by Matière Brut

Jérémy Julien nous avait promis une terrasse pour l’été et il a tenu parole. Son restaurant du boulevard Bompard déménage tout l’été et investit la terrasse du bar-tabac Culti au Roucas-blanc. Les habitués connaissent le chemin, il suffit de traverser le tabac et de prendre les escaliers pour rejoindre la terrasse toute végétalisée, abritée du vent et de la circulation auto. Pas de bruit, du soleil et une ambiance cool au menu. La jauge de la terrasse du Culti by Matière Brut réunit quelque 55 couverts pour une équipe de jeunes serveurs qui renouent avec le coup de feu, ce fameux moment où les clients arrivent tous en même temps, commandent tous en même temps et repartent tous en même temps.

Culti by Matière Brut

Tel qu’en lui-même, Jérémy nous a sorti l’artillerie lourde du Matière Brut avec, en entrée, une andouillette de Bobosse, confit d’oignons et moutarde, un carpaccio de rôti de boeuf en croûte de poivre, une salade de poulpe agrumes et tomate. Côté plats, Jérémy mise sur les valeurs sûres : un risotto aux asperges, une saucisse signée Luca Morand, un poulpe fumé à l’encre de seiche et jus, un poulet bio rôti et truffé sous la peau.

Et c’est bon ? Le boudin noir, piment d’Espelette bouscule les habitudes, servi avec un ail noir confit, des framboises comme un condiment ; présentée en tartine croustillante juste grillée, la portion est généreuse et peut être partagée pour un hors-d’oeuvre léger. Suit une saucisse signée du jeune boucher de 24 ans, Luca Morand, installé à Endoume. Jérémy la propose avec, au choix, une purée de pommes de terre ou la « polenta de maman », vibrant hommage à celle qui, en ce premier jour à la terrasse du Culti, est venue encourager son fils. Originale façon d’agrémenter le tartare de boeuf, la brigade y ajoute un pistou de basilic, des noisettes, des copeaux de parmesan et des câpres. Au final, une assiette très personnelle et novatrice pour peu qu’on y ajoute un peu de sel pour lui donner du relief.

Culti by Matière Brut

Jérémy Julien est un garçon d’Endoume, il a la fibre « patriotique » et met un point d’honneur à travailler avec les commerçants voisins de son restaurant : la fromagerie Lucienne, Luca Morand et Sabrina Guez par exemple. La présence à la carte de cette pâtissière suffit à redonner de l’appétit à la fin d’un bon repas. Le finger au yuzu  est un petit bijou d’équilibre, un sans-faute d’harmonie, une pâtisserie à la présentation simple mais terriblement classieuse.

Alors faut-il retrouver le chemin du Culti by Matière Brut ? Mais bien évidemment ! Une carte bourrée de bonnes intentions et une terrasse au calme, verdoyante et loin de toute circulation devrait déjà vous mettre la puce à l’oreille. Oui encore pour déguster les rouges du domaine de Cristia, en Châteauneuf-du-Pape, domaine dont on ne peut que louer l’approche bio qui respecte l’identité des côtes-du-Rhône. Oui encore parce que Jérémy Julien, est comme un grand vin : il se bonifie avec le temps et on sait d’avance qu’au plus on avancera vers l’été plus cette brigade maîtrisera la carte. Oui enfin car la bonne humeur contagieuse vous fera vite oublier les affres de l’hiver… Vivent les restos au grand air.

Le Culti by Matière Brut, 222, chemin du Roucas Blanc, Marseille 7e arr. ; infos et résas au 04 91 90 80 92. Carte de 30 à 40 €.

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Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.