Art de vivre

Navettes de la Chandeleur : de Vénus à la petite barque

Si les Bretons ont les crêpes, les Marseillais, eux, arborent fièrement leurs navettes pour les fêtes de la Chandeleur. Tous les ans, le 2 février, Marseille célèbre non sans fierté la fêtes des « chandelles » (candela en latin), moment où le religieux flirte avec le païen. Alors pour tout savoir sur les navettes, suivez le guide !

navettes en imagesLa Chandeleur c’est quoi ?
C’est la fête catholique de la bénédiction des cierges verts symbolisant la lumière du Christ sur le monde, et la couleur confirme le miracle accordé à Marie d’enfanter sans perdre sa virginité. Chez nous, cette fête lie intimement le Vieux-Port et  l’abbaye de Saint-Victor, consacrée à Marie depuis le VIIe siècle. Des écrits attestent que cette fête aurait été instituée en l’an Mil alors que l’abbé bénédictin Isarn conduisait l’abbaye. Tous les ans, une procession part du Vieux-Port (aux alentours des 3 heures du matin), remonte la rue Sainte et une messe est dite à Saint-Victor. Ensuite, vers 6 heures, l’archevêque de Marseille se rend au Four des Navettes, où, depuis 1781, on fabrique ce biscuit, et bénit une fournée.
136, rue Sainte, Marseille 7e arr.

D’où viennent les navettes ?
Ces petits biscuits en forme de barque (navis, navire, nauta, marin, nautique) sont typiques du pourtour du bassin méditerranéen et leur origine remonte à l’Antiquité. Au Moyen-Age, l’église catholique s’est emparée de ce biscuit et a raconté que ces navettes symbolisent la barque par laquelle Marie-Salomé, Marie Magdeleine et la vierge Marie auraient débarqué sur les rives de Camargue. La réalité est moins vertueuse : ces navettes symbolisent en fait le sexe de Vénus et elles étaient mangées, lors des fêtes du solstice d’hiver, pour favoriser le retour de la fécondité humaine et la fertilité des champs.

Où acheter ses navettes ?
Chacun revendique fabriquer les meilleures, personnellement, je recommande celles de la biscuiterie des Navettes des Accoules. Délicatement aromatisées à la fleur d’oranger, elles sont cassantes mais jamais dures, joliment dorées à cause de la présence d’oeuf dans la recette. José Orsoni tient leur recette de sa grand-mère corse qui les cuisinait pour la chandeleur. Elles se conservent sans problème plusieurs mois.
Les navettes des Accoules, 68, rue Caisserie, Marseille 2e arr. ; 04 91 90 99 42 (le site c’est ici).

Il paraît que les Parisiens aussi font des navettes ?
Eh bien oui ! A la demande d’Olivier Baussan (l’Occitane, boutiques Première Pression Provence), le pâtissier Pierre Hermé a imaginé une recette revisitée où le beurre est très présent. Les navettes made in Pierre Hermé

Et moi, je peux faire des navettes ?
Rien de plus simple : il vous suffit de lire cette recette

Ajouter un commentaire…

Click here to post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

pub jeudi

Suis-nous sur les réseaux

Nécrologie

Jean-Paul Passédat n’est plus.- Le père du chef Gérald Passédat est décédé ce mercredi 10 août à l’âge de 88 ans, dans son sommeil, à son domicile de Marseille. Jean-Paul Passédat était le deuxième maillon d’une chaîne dont les premières attaches datent de 1917. Germain Passédat, père de Jean-Paul et grand-père de Gérald, est alors propriétaire d’un bar-tabac. Un matin, par hasard, une baronne entre dans le bar pour utiliser le téléphone et informer son notaire de la mise en vente de son bien arrimé à la roche blanche de l’anse de Maldormé. «Pas la peine de chercher, je vous l’achète», aurait lancé Germain Passédat. La saga familiale s’écrit ensuite avec la création d’un restaurant qui aura la mer et les îles du Frioul pour décor. La villa Corinthe est débaptisée et devient Le Petit Nice pour attirer une clientèle huppée, la ville des Alpes-Maritimes étant alors très à la mode. Germain s’installe avec sa femme, Lucie, cantatrice et muse des frères Lumière, les inventeurs du cinématographe, dont des photos ornent les murs du restaurant. Des célébrités comme Pagnol ou Fernandel hantent les lieux qui, à la mort de Germain, sont repris par son fils Jean-Paul. Chanteur d’opéra, il tourne le dos à sa carrière pour se consacrer à la gastronomie avec sa femme Albertine. Il transforme le Petit Nice en hôtel de standing, creuse une piscine d’eau de mer, et gagne une étoile au Michelin en 1977 puis une seconde en 1981. À l’aube du nouveau millénaire, son fils unique Gérald Passédat revient dans le giron familial et décroche sa 3e étoile en 2008 avec une cuisine radicalement différente de celle de son père. Jean-Paul, lui, continuera à vivre au Petit Nice dans lequel il avait un appartement.