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Yves et Emmanuel Baussens, la noblesse charcutière de Noailles

BaussensLa charcuterie du Grand Saint-Antoine appartient au cercle très fermé des vénérables maisons marseillaises. Aux chaudes heures de la journée, Yves Baussens, père, et Emmanuel Baussens, fils, s’affairent derrière les comptoirs dans une heureuse frénésie. Depuis quelques années, la clientèle revient de plus en plus nombreuse dans cette charcuterie de quartier. « Ce sont des clients qui viennent de loin. Il y a beaucoup de bobos, une clientèle très attachées aux apéros marseillais », confie Yves Baussens. Son fils, Emmanuel, 42 ans, poursuit : – Nous travaillons le porc et ses déclinaisons, c’est ça le métier de charcutier », et de donner à goûter un sublime jambon à l’os, un peu de pâté de tête, un pâté en croûte, tous plus savoureux. « Nous proposons aussi des saucissons au cerf, au chevreuil au sanglier ou au canard », égrène presqu’intarissable Yves Baussens. La famille revendique le fait maison intégral à l’exception du jambon sec. Mais la fierté de la maison, c’est le magret de canard : – D’abord salé, puis roulé, fumé puis séché… Il a voyagé partout dans le monde, c’est incroyable ce que les gens l’aiment », sourit Yves Baussens.

« Je crois en notre métier quand il est bien fait, c’est notre seul avenir »

Le père charcutier est né et a grandi dans l’Aude ; il y possède encore des vignes, non loin de Carcassonne. Il aime le contact et s’amuse de la discrétion de son fils : – Il est comme mon épouse, il n’aime guère parler ». La carrière d’Yves est passée par Paris et son chapelet de prestigieuses maisons, de Clamart à la Bourse (le quartier du palais Brongniart), en passant par Vernouillet dans les Yvelines. « Ma femme est fonctionnaire et lorsqu’elle a été mutée à Marseille, nous nous y sommes installés » raconte Yves.
Pour être réservé, Emmanuel, le fils, n’en aime pas moins évoquer son métier. Il a suivi les pas de son papa, la passion est contagieuse. CAP-BEP cuisine, brevet pro de charcutier traiteur (maison Pou, Maison Plecq dans le IXe à Paris), Emmanuel est passé par le Centre européen des professions culinaires, a obtenu son bac cuisine, un BTS hôtellerie mention pâtisserie… « Ici, mon fils perd son temps, il faudrait qu’il parte » se désole Yves Baussens. « Notre vie c’est de 12 à 14 heures par jour du lundi au samedi », enchaîne Emmanuel. Si le père reste persuadé qu’ « il y a un avenir pour les bons produits », le fils, lui, n’y croit plus : « Les anciens ont tué le métier en faisant de la revente alors que la profession aurait dû s’accrocher au fait maison ».

BaussensQuel est le secret des Baussens ?
Ouvrir un deuxième point de vente à Marseille ? « Je n’en ai pas le courage, j’ai toute ma clientèle ici, assure Emmanuel Baussens. Il faudrait la reconstruire… J’ai une famille ». Emmanuel Baussens semble surpris que son père soit fier de lui, « il m’a tellement engueulé, jeune », mais avoue être content de travailler avec son père. « Il me fait rire, Il n’y a aucun problème avec mon fils, c’est comme dans un ménage » lance le papa avec son accent du Sud-Ouest.

Le secret des Baussens ? « Des porcs fermiers d’Auvergne élevés en liberté et nourris sans OGM, tranchent les deux artisans. Un animal en liberté et l’alimentation, tout est là »… Emmanuel est remonté travailler ; sur le pas de porte, Yves s’épanche : – Croyez-moi, j’ai beaucoup voyagé et Marseille est une ville exceptionnelle qui a des atouts énormes, nous sommes dans un quartier exceptionnel qui s’est beaucoup paupérisé, il a été abandonné par le personnel politique depuis des années ». Un avenir pour le quartier Noailles ? « Oui assurément mais ce n’est pas pour demain » ; dit Yves Baussens, parole de président de CIQ.

Au Grand Saint-Antoine, 11, rue du Marché des Capucins, Marseille 1er ; infos au 04 91 54 04 95.

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Avignon à l’heure bolivienne Olga, Maria-Elisa, Pablo et Joel sont des étudiants boliviens qui arrivent ce 31 mai à Avignon pour y suivre un stage en entreprise au sein d’hôtels-restaurants ambassadeurs de l’art de vivre à la française. Ils découvriront le métier chez Guilhem Sevin (restaurant Christian Etienne), Florent Pietravalle (hôtel La Mirande) et Matthieu Dupuis-Baumal (domaine de Manville aux Baux). Leur stage pratique est assorti d’une bourse et s’achèvera le 31 août.

 La Buvette Vauban reprend du service Victor et sa Maison Vauban investissent les locaux du patronage pour ambiancer le quartier avec guirlandes lumineuses et longues tables en bois en mode guinguette. Côté food, Maison Vauban a invité les copains : Chez Francette proposera ses barquettes de taboulé et sandwichs 100% bio, le foodtruck Disco & Tacos distribuera tacos et nachos, Emkipop régalera la galerie avec son nouveau bâtonnet glacé saveur cheescake. Côté drinks, le domaine du Vallon des Glauges présentera ses derniers millésimes et Maison Vauban, maître en l’art du cocktail servira Spritz et Saint Germain ! Côté musique : que des vinyles avec Monsieur Beaumont, un pote du patron, se pointera avec ses 33 tours pour faire déhancher le Tout-Vauban, disco, house et funk au programme. Samedi 2 juin de 18h à minuit, 16 rue de Pointe à Pitre (6e arr. au patronage, place du Bois Sacré).

Papilles et Papillons Samedi 2 juin, les vignerons du massif d’Uchaux organisent des balades oenotouristiques, conviviales et gastronomiques.  Vignerons et entomologistes accompagneront 5 balades (de 30 min à 2h) pour découvrir le vignoble, la richesse de la biodiversité de ce secteur préservé.  Arrivés au point de ralliement, sur la terrasse panoramique du château du Castellas, on prendra l’apéro en musique avec le Groupe Tess et Ben. Sur les tables les vins légers, fruités et frais de l’année seront accompagnés de charcuterie, tapenade et huile d’olive. Un déjeuner accords mets et vins sera servi dans la fraîcheur de la salle de garde sous la houlette du chef Thierry Bonfante, du restaurant le temps de Vivre à Uchaux. Samedi 2 juin de 10 h à 16h30 : 60 € par personne (45 €/pers. pour un groupe à partir de 6). Inscriptions au 06 11 53 27 01.

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