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ErikaBlu, la papesse de la cucina povera à Marseille

ErikaBlu

C’est sûr, elle comptera parmi les personnalités de l’année 2022 tant son tempérament heureux et ses éclats de rire ne laissent personne insensible. ErikaBlu est une touche-à-tout de talent, se risquant à la chanson (elle a cartonné en 2010 avec la reprise traduite en français de « Ma che fredo fa »), mais également à la cuisine, elle côtoie avec la même aisance les milieux de la mode que ceux des cuisines. Désormais marseillaise, cette romaine a connu mille vies et se prépare à une résidence au Camas-Sutra, du 22 février au 13 mars, avec l’intention de régaler la ville de ses plats de cucina povera qui ont fait sa réputation.
« Je suis boudhiste depuis 20 ans et je connaissais Marseille pour être allée plusieurs fois à Trets où il y a un centre très connu », explique celle qui a vécu à Milan puis travaillé avec le producteur de Jane Birkin. Alors qu’elle était en séminaire de trois jours au temple de Trets, Erika reçoit un appel de sa maison de disque qui décide de rompre son contrat. Au lieu de sombrer, la jeune femme y voit alors « l’occasion de ma vie parce que quand il t’arrive une merde, il y a quelque chose à apprendre. Soit tu subis, soit tu agis ».

« Je revendique un boudhisme pour être heureux dans sa vie et pas subir son karma »

ErikaBlu

Après une semaine d’enfermement et d’introspection, Erika a une « illumination » et décide de cuisiner. « Je suis à 100% autodidacte, prévient-elle. Ce jour-là, j’ai fait des pâtes avec des moscardini (tout petits poulpes, NDLR). J’ai composé des assiettes que j’ai distribuées à toute ma rue à Montmartre. Ça a plu à tout le monde ; il y avait une galeriste qui m’a dit : – J’en veux des comme ça tous les jours’. Ensuite, elle m’a prêté un laboratoire tout équipé pour que j’organise des ateliers pasta. Ça a commencé comme ça ». Les dîners à domicile se succèdent, le bouche à oreille s’emballe et Nagui lui demande de cuisiner pour lui dans son hôtel particulier de Montmartre : « Je ne savais pas qui il était et tout le monde m’a dit que c’était une star de la télé ».

« Je leur dis d’où je viens »
Rupture affective, départ à Lanzarote où on l’embauche au poste de chef, puis retour à Paris où elle cuisinera un an au Café Populaire, Erika Blu reste fidèle à sa ligne de conduite : – Je suis très honnête dans ce que je fais et je dis toujours que je n’ai pas fait d’école. J’aime me fixer des défis pour faire plaisir au gens, c’est mon moteur ». Une authenticité qui séduit partout où Erika passe : dans le milieu de la mode, les équipes de Chanel, Jacquemus, les sœurs jumelles de The Row, la galerie Perrotin dans le Marais… Tous veulent manger la fameuse cucina povera de ce poisson né le 10 mars…

ErikaBlu
« La Cuisine à l’italienne » de Sophia Loren, livre fétiche d’Erika, qui trône dans sa cuisine

« Je veux vivre, voyager, rencontrer du monde, je suis libre dans l’âme. Vraiment j’aime les gens, la légèreté et ça, ça vient avec le temps »

ErikaBlu

Mais l’envie de venir à Marseille, dont elle avait perçu les échos lors de ses séjours à Trets, taraude ErikaBlu. « En 2019, j’ai dit à ma meilleure copine : – Viens on va à Marseille. On a pris un Van qui est tombé en panne à Gênes et là, je me suis dit que c’était le signe qu’il fallait absolument venir. Ici, j’ai senti une énergie, c’est une ville qui m’a inspirée et je voulais un logement avec vue mer ». Une fois installée, sur les collines du Roucas, Erika confesse avoir vécu l’horreur : – Je n’avais plus mes repères, je ne connaissais personne et j’étais sans scooter. Alors j’ai organisé un dîner avec une nappe par terre et les gens sont venus avec leurs coussins ». Ils sont tous devenus ses amis.

Au menu des Marseillais
On dit d’ErikaBlu qu’elle est le chantre de la cuisine pauvre et des recettes de l’Italie traditionnelle : carbonara, cacio e pepe n’ont aucun secret pour elle. De sa grand-mère vénitienne, elle a gardé le goût des gnocchi, soupes et risotti. « Je vais servir les minestre qu’elle nous préparait, des préparations à base de pain mijoté dans un bouilon, mixé et enrichi de parmesan et d’œuf ». Passionnée par le Japon, elle aime l’audace des mélanges avec sa culture d’origine : – J’ai adoré le Japon, l’ordre, la gentillesse et l’inspiration de ce pays ». Enthousiaste toujours à l’évocation d’une sauce tomate, « c’est le mantra général de la cuisine », celle de la maman d’Erika est en toute subjectivité assumée,« la meilleure au monde ». Détestant l’induction et ne jurant que par le gaz, la cuisinière livre un secret : travailler sa sauce tomate dans de la terre cuite, « qui apporte un goût de cheminée et de petit village italien ». C’est à ces petits riens que se mesurent les grands.

Camas-Sutra avec ErikaBlu du 22 février au 13 mars, 2, rue Goudard, Marseille 5e arr. Infos au 04 13 20 34 76.

 

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Arles

► Céline la camarguaise. Elle s’est fait connaître en chantant les charmes du nomadisme en cuisine mais, finalement, Céline Pham a posé ses valises à Arles, l’été dernier. Suivant à la lettre les conseils de l’ami Armand Arnal qui lui a conseillé l’adresse, face à l’hôtel Voltaire, la cuisinière a jeté son dévolu sur une ancienne chapelle de 1224, ouvrant sa cuisine sur la salle. Fini le pop-uping et les restos éphémères : bistrot à la mi-journée, Inari se fait bistronomique en soirée. En référence à la déesse japonaise du riz et de la fertilité, Inari sert une cuisine inspirée des origines vietnamiennes de Céline. Thon rouge de ligne, aji verde, riz de Camargue soufflé, cébettes, shiso rouge, matcha et huile de sésame expliquent son succès.
Inari, 16, place Voltaire, 13200 Arles ; 09 82 27 28 33. Déjeuner 21, 35 et 41 € ; soirée, 51 €.

Var

Automne des Gourmands.- Le samedi 8 octobre, la 7e édition du festival sera parrainée par Pascal Barandoni, vainqueur d’Objectif Top Chef et chef au Mas du Lingousto. Cette journée mettra à l’honneur la saisonnalité, le terroir local et la découverte du goût. Rendez-vous esplanade Charles De Gaulle où seront installés la cuisine des chefs, le Bar des Gourmands et le marché de producteurs et artisans. L’après-midi, la cuisine accueillera Magali Armando,chef à domicile, et Guillaume Lecomte, chef chez Olives & Beurre Salé à Sanary-sur-Mer. A ne pas manquer non plus, de 10h à 13h, des ateliers peinture avec des ingrédients de cuisine animé par « Avec les mains » (3-6 ans). De 10h à 17h, ateliers sur le recyclage alimentaire et la confection de pâtes de fruits. Toute la journée, commerçants, producteurs et artisans proposeront leurs produits du terroir à savourer sur place ou à emporter. Au déjeuner, les visiteurs savoureront leurs trouvailles à l’espace pique-nique ou dans les restaurants du village.
Samedi 8 octobre 2022 de 10h à 18h au Beausset dans le Var, accès gratuit, infos au 04 94 90 55 10.

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Marseille

Une mozzarella 100% marseillaise.-  La Laiterie marseillaise reste fidèle à sa vocation pédagogique visant à voir et comprendre comment on fabrique des produits laitiers. Aussi, la boutique s’est-elle dotée d’un laboratoire visible depuis une grande baie vitrée. Nouveauté de la rentrée, la Laitterie lance des ateliers de fabrication de mozzarella et burrata pour adultes. À travers la fabrication de ces deux fromages, toutes les étapes de la transformation fromagère seront abordées et réalisées par les participants. Audelà de l’aspect ludique, c’est une vraie acquisition de savoirfaire qui est proposée : après ces 2 heures d’atelier, chacun repartira avec ses réalisations et un livret récapitulatif. Inscription sur le site web de la Laiterie Marseillaise ou se rendre en boutique !

www.lalaiteriemarseillaise.fr Tarif : 55 € par personne.