Marseille

► Le Grand Pastis vous offre l’entrée au Sirha.- Du 15 au 17 mars, Marseille accueille la première édition du Sirha Méditerranée, le salon des professionnels de la restauration, de l’hôtellerie et des métiers de bouche. Cet événement phare, dédié à l’innovation, aux tendances et aux rencontres entre acteurs du secteur, proposera des démonstrations culinaires, ateliers, conférences inspirantes et découvertes de produits d’exception. Une occasion unique de s’imprégner des dernières évolutions du marché. Au programme : démonstrations culinaires, ateliers, conférences inspirantes et découvertes de produits d’exception. Une occasion unique de s’imprégner des dernières évolutions du marché et de créer des synergies entre les acteurs locaux et internationaux.
Le Grand Pastis vous offre des entrées pour le Sirha ! Il vous suffit d’adresser votre demande par mail à pierre@psaltis.fr
1 mail, 1 entrée : chaque entrée est unique et nominative ; vous recevrez un document avec les modalités d’inscription et un QR code à scanner.

► Les trois mac’ pour Gérard Habib.-Le restaurant Gerarh conserve pour la 2e année consécutive ses 3 macarons du label Écotable, la plus haute distinction en matière de restauration durable. Attribué depuis 2022, ce label distingue les établissements engagés dans une démarche écoresponsable. Chez Gerarh, il récompense une carte courte et de saison, un approvisionnement composé à plus de 60 % de produits bio et 90 % de produits durables, ainsi qu’une politique active de lutte contre le gaspillage et de maîtrise des consommations. Seule une quinzaine de restaurants marseillais affichent ce niveau d’exigence. Depuis des années, Gérard Habib défend dans son restaurant les valeurs d’une cuisine créative, locale et engagée, confirmant l’ancrage de son établissement parmi les tables pionnières de la restauration durable dans la cité phocéenne. Le restaurant le Gerarh s’affirme comme un véritable lieu de vie où dialoguent gastronomie, musique et arts plastiques. Aux commandes, Gérard Habib participe à de nombreuses initiatives solidaires, notamment avec Le Sans Fourchette et les Disciples d’Escoffier, fidèle à sa conviction qu’une cuisine sincère doit avant tout se transmettre et se partager. Dans cet esprit, l’établissement accueille aussi , chaque mois, des dîners-concerts et soirées dansantes où swing, jazz, chanson française et pop-rock prolongent l’expérience bien au-delà de l’assiette.
• GerarH, 50, cours Julien, Marseille 6e arr. ; infos au 06 19 88 52 93.

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Jeannine Moréni, sa bouillabaisse et son cassoulet ont fait courir le Tout-Marseille

Jeannine MoréniSi les femmes sont aujourd’hui peu nombreuses en cuisine, il fut une époque où elles étaient rares. Jeannine Moréni a connu ce temps où, avec Anne-Sophie Pic, Reine Sammut, les toutes jeunes Hélène Darroze ou Ghislaine Arabian, elles étaient bien seules à porter l’étendard de la gastronomie au féminin. C’était l’époque où Marseille ne comptait même pas 10 bonnes tables, la ville écoutait Radio Service, c’étaient les années 80. De tout ceci Jeannine Moréni se souvient avec émotion. La « cuisinière bourgeoise », celle qui savait à nulle autre pareille préparer un chausson de langoustines au foie gras, un petit pâté de pintade aux cèpes, une cuisse de canard braisée aux petits oignons grelots caramélisés vit désormais dans le Gard ; elle a quitté Marseille pour se rapprocher de sa petite-fille.
Une conversation avec Madame Moréni, c’est ouvrir un livre des souvenirs sans jamais en atteindre l’épilogue. « Dans le Sud-Ouest, on dit qu’on mange dans le couan » rit-elle en tirant la chaise d’une table en coin de salle, dans un restaurant du Prado.
Après une courte période dans une agence immobilière, Jeannine et son époux, Jacques, ouvrent leur premier restaurant rue Sainte-Cécile dans le 5e arr. en 1979. « C’était la table d’Albret, raconte-t-elle. Un hommage à une partie de ma famille qui s’était convertie au protestantisme et qui s’était déplacée dans le Lot-et-Garonne ». Jacky et Jeannine y passeront 10 ans. « Ensuite, nous nous sommes déplacés à la rue Sainte, avec le Patalain de Suzanne Quaglia juste en face de chez nous ». Revendiquant un gros quart corse et un petit quart breton, « même si j’adore les crêpes au beurre salé et les ortensias », Jeannine est née à Marseille, rue des Bons Enfants.

Jeannine, qui fut pourtant inscrite à l’Etat-Civil au prénom de Jeanne, raconte avec joie son père né à Beyrouth et baptisé à l’église Saint-Louis des Français ; elle est fière de son arrière-grand-père d’origine crétoise, Honoré Phalix, qui fut commandant du port de Beyrouth, à la fin du XIXe.

Jeannine Moréni« Lorsque les clients qui venaient manger aux Echevins me disaient qu’ils faisaient un régime, je leur répondais toujours : – Vous faites le régime avant et après votre repas chez moi !' ». Tout en feuilletant le livre d’or des Echevins, si la nostalgie point à la lecture des dédicaces de Marcello Mastroianni, Bertrand Blier, Alexandre Jardin, Victoria Abril ou Gérard Jugnot, la tristesse n’est pas de mise : « Il y a aussi eu Pierre Dac, Jacques Weber, Emir Kusturica, Jacques Audiard et… le prince Edward d’Angleterre, regarde, il a signé là » dit-elle en tapotant la page immaculée. Racontant que Francis-le-Belge « était un Monsieur toujours très élégant mais il a toujours refusé de signer le livre d’or », Jeannine assure que chez elle, « le personnel était bien nourri. C’étaient mes petits et une fois qu’ils avaient eu le CAP, je ne les lâchais que si on leur avait trouvé une bonne maison ». Ils arrivaient à 15 ans ; un jour, un orphelin de 9 ans a même atterri aux Echevins.

Au gré du repas, les noms défilent : les frères Minguella, Zanaboni, Galligani, René Alloin, Georges Bataille, Jean-Paul Passédat et la voisine « d’en face », Suzanne Quaglia. « Il y avait aussi les soeurs Laffitte et les Arcenaulx… Ça c’est un lieu » souffle Jeannine presqu’admirative. Quant à la cuisine d’aujourd’hui, si elle est fière de voir la ville progresser et gagner en notoriété, Jeannine Moréni confie son agacement face aux recettes déstructurées ou revisitées : « Qu’on commence déjà par bien faire une recette, ce sera déjà pas mal » dit-elle. La bouillabaisse, les pieds-paquets… on venait de loin pour goûter et commenter avec Jacky l’une des cent bouteilles de whisky dont le patron était un grand amateur. « On connaissait chacun de nos clients mais aujourd’hui, les rangs s’éclaircissent autour de moi », susurre Jeannine. Et puis le samedi 19 mars 2005 est arrivé. Jeannine et Jacky, dans les dernières semaines précédant leur départ des Echevins, ont invité amis et clients. Les dernières Demoiselles, spécialité de volaille du Sud-Ouest qu’elle était la seule à cuisiner, ont été servies et les Moréni ont « tiré le rideau ». Jeannine a conservé son livre d’or, des coupures de presse, des photos et des cartes sur lesquelles les intitulés de plats donnent à rêver. A la seule différence de la monnaie, on parlait en francs à l’époque, rien n’a changé : on mange encore des cassoulets au confit de canard et saucisse toulousaine et des pavés de saumon rôtis à la peau sauce légère au poivre vert mais des assiettes comme celles de Jeannine, il n’y en a plus.