En direct du marché

Café Tulipe, la passion d’un ingénieur avignonnais pour le bon café

Café Tulipe« Après 15 années passées dans un bureau enfermé derrière un ordinateur à effectuer des schémas qui se ressemblent tous, j’ai fini par mettre un terme à mon métier d’ingénieur… Et je me suis enfin consacré à la boisson que j’aime, le café »… La passion de Nicolas pour le « petit noir » est née lors d’un voyage au Canada. A Montréal, il se rend compte que le café n’a pas le même goût qu’en France et qu’Outre Atlantique la culture du café est très présente, portée par les coffee shops. « En France aucun travail n’est effectué autour du métier de barista. Les écoles hôtelières ne mettent pas assez l’accent sur ce métier et les formations commencent à peine à se développer. J’ai travaillé dans un restaurant gastronomique et j’ai constaté qu’à chaque fin de repas, les clients prenaient un café. Pourtant personne n’était spécialisé dans ce domaine. C’est un univers très complexe qui demande quantité de connaissances pour réaliser un café de qualité », avance le jeune entrepreneur.

Cafés de spécialité
Alors Nicolas a appris le métier en analysant les différentes techniques utilisées dans les coffee shops, il s’est entraîné régulièrement à domicile puis a suivi une formation de barista et barman chez BBS à Aix-en-Provence. Empirique et théorique, sa formation lui permet de servir chez Café Tulipe des « cafés de spécialité ». Cette appellation vient des Etats-Unis. Elle est utilisée pour la première fois dans les années 70, afin de distinguer un café de haut de gamme du supermarché. Pour obtenir cette appellation de nombreux facteurs rentrent en compte « de la graine à la tasse » explique Nicolas. Le choix de la variété, l’environnement dans lequel le fruit du caféier grandit et les méthodes culturales jouent pour beaucoup. Après la récolte et le séchage de la graine, le café est entre les mains du torréfacteur « qui doit respecter le degré de brûlerie pour extraire au mieux les arômes de la graine ». Dernier maillon de la chaîne précédant la dégustation, le barista doit « extraire les arômes du café et trouver le juste équilibre entre acidité et amertume ».

Café Tulipe ambiance« On repère dans leur attitude et leur physionomie les amateurs d’expresso ; un café, ça raconte un être humain »

A 37 ans, Nicolas vit désormais de sa passion et propose chez Café Tulipe quantité de déclinaisons de l’expresso, l’Americano, le Flat white, le fameux latte macchiato… A la carte pour cet été, il travaille le café en cocktail « c’est un expresso tonic c’est-à-dire avec des glaçons, du Schweppes, un expresso, et une tranche de citron ». Pour déguster un café différent et en découvrir les arômes, le barista utilise trois méthodes d’extraction douce grâce à un filtre. La première méthode est le V60 (« l’eau circule en faisant un tourbillon et cela génère un café à la large palette aromatique ») ; la deuxième est l’Aéropress qui consiste à extraire le café au piston ; la dernière, Chemex est comparable au V60 : « A la fin, pour chacune d’entre-elles, on obtient un café clair » prévient-il. Aujourd’hui, l’Avignonnais travaille avec un torréfacteur allemand, The barn, qui est selon lui « l’un des meilleurs d’Europe ». Mais il ne s’interdit pas de travailler avec d’autres fournisseurs à l’instar de Mokxa, un torréfacteur Lyonnais : « Bien que la France ne développe guère une culture du café, elle recense un grand nombre de torréfacteurs artisanaux »… On appelle ça le french paradox !

Marie Riera / photos M.R.

Café Tulipe, 21, rue des 3 Faucons; Avignon ; infos au 06 26 62 48 83.

A propos de l'auteur

Marie Riera

Ajouter un commentaire

Cliquer ici pour écrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bon à savoir

Loustic, le nouveau rendez-vous café Une nouvelle adresse pour savourer un excellent café et se régaler vient de voir le jour en centre-ville. On déjeune chez Loustic de toasts au pain de campagne-oeuf mollet-champignons et ricotta, des sandwiches mayo-bacon, des salades de riz aux amandes-feta, betterave et la fameuse assiette éponyme. Les petits-déjeuners (granola, tartines et confiture, oeufs brouillés) et les desserts ( brownie, cake, cookie, scone crème-confiture) valent à eux seuls le détour. Mignonnette terrasse, service jeune et cool, un torréfacteur et une barista complètent l’offre. 5, rue de la Tour, Marseille 1er. Infos au 09 51 38 34 39.

 Hervé Bizeul chez Chicoulon Hervé Bizeul du Clos des Fées, figure emblématique du Roussillon, sera au Chicoulon jeudi 25 octobre pour une grande soirée dégustation. Le vigneron fait désormais partie de l’élite de cette magnifique région et viendra présenter ses plus grandes cuvées sur des millésimes anciens et prêts à boire (le Clos des Fées et la Petite Sibérie). Deux blancs, 3 rouges et 1 liquoreux seront dégustés et commentés dans la bonne humeur. En cuisine, Tomi fera fumer les fourneaux. Soirée sur réservation uniquement pour 35 personnes (premiers réservés, premiers servis) ; tarif : 65 € par personne. Résas au 04 91 33 46 59.

Sylvestre Wahid à Marseille chez Sébastien Richard Le cuisinier 2 étoiles au guide Michelin, Sylvestre Wahid, inaugurera le 27 octobre prochain, la toute première édition du « Dialogue de chefs », une série de dîners organisée par Sébastien Richard, à sa table du Panier de Sébastien. Les deux artisans profiteront de ce dîner à 4 mains, dans un cadre intimiste, pour laisser libre cours à leur imagination et partager un moment unique avec leurs hôtes d’un soir. L’amitié complice entre les deux hommes remonte à plus de 25 ans lors du passage de Sébastien Richard au Cheval Blanc que dirigeait alors Thierry Marx, à Nîmes. Les deux cuisiniers ont tous les deux fait leur chemin depuis partageant la même vision et la même envie de revisiter la gastronomie française. Infos : lepanierdesebastien@gmail.com